Skip to main content

Historical poem record

CHANT HUITIÈME.

LE Dieu qui des amans unit la destinée ,

EnglishThe God who unites the destiny of lovers, Has two famous Temples for the bonds of Hymen,

Language
French
Date
19th century
Meter
alexandrine
Editorial status
Source-attested
Text
Source and English

Unit 1 · poem · alexandrine · 890 lines

French

Source text

  1. 1

    LE Dieu qui des amans unit la destinée ,

  2. 2

    A deux Temples fameux pour les nœuds d'hymenée ,

  3. 3

    L'un voisin d'Amathonte , est dans ces doux climats ,

  4. 4

    Que l'hiver ne souilla jamais de ses frimats.

  5. 5

    Sur les murs de ce Temple , Apelle , à la mémoire ,

  6. 6

    Des époux fortunés a consacré l'histoire.

  7. 7

    Ici , pour dérober un époux à son sort ,

  8. 8

    Alceste , sans regret , se dévoue à la mort.

  9. 9

    Là , l'aimable Artémise , épouse désolée ,

  10. 10

    A l'amour conjugal élève un mausolée ,

  11. 11

    Dont la magnificence atteste à l'Univers ,

  12. 12

    Le vœu d'éterniser un sinistre revers.

  13. 13

    Au tombeau de Mausole , hélas ! prête à descendre ,

  14. 14

    D'un époux , à longs traits , elle avale la cendre ,

  15. 15

    Et de sa propre vie éteignant le flambeau ,

  16. 16

    Elle veut que son corps lui serve de tombeau.

  17. 17

    Ici , près de la mer , non loin de Sycione ,

  18. 18

    L'amante de Céyx , la plaintive Alcione ,

  19. 19

    Ose braver Neptune et les flots en courroux ,

  20. 20

    Pour leur ravir le corps du plus cher des époux.

  21. 21

    Là , près du fier Hector , on voit Laodamie ,

  22. 22

    Du plus hardi des Grecs et l'épouse et l'amie ,

  23. 23

    Pleurant Protésilas , sur l'arène étendu ,

  24. 24

    Au rivage Troyen le premier descendu.

  25. 25

    Orphée ici paraît dans les royaumes sombres ,

  26. 26

    Et demande Euridice aux infernales ombres.

  27. 27

    Plus loin , c'est Hypermnestre , à ses tendres adieux ,

  28. 28

    En faveur de Lyncée intéressant les Dieux.

  29. 29

    Là , de riches atours , pompeusement parée ,

  30. 30

    Évadné , par la mort , d'un époux séparée ,

  31. 31

    Brave de son bûcher les tourmens et les feux ,

  32. 32

    Pour s'unir en mourant à l'objet de ses vœux.

  33. 33

    Ici , c'est Éponine , à l'échafaud conduite

  34. 34

    Pour avoir d'un époux su dérober la fuite ,

  35. 35

    Et cacher Sabinus aux regards du vainqueur ,

  36. 36

    Au fond d'un souterrain , Temple du vrai bonheur.

  37. 37

    Là , par Axiolin , Bassane assiégée

  38. 38

    Se rend. De son amour , la Reine est outragée ;

  39. 39

    Axiolin l'adore , il tombe à ses genoux ;

  40. 40

    Blanche , à ses yeux , s'immole aux manes d'un époux.

  41. 41

    Plautius , à la mort d'une épouse adorée ,

  42. 42

    Se poignarde , et soudain sa famille éplorée

  43. 43

    L'arrête. Vains efforts , il déchire son flanc ,

  44. 44

    Et perd en dépit d'elle et sa vie et son sang.

  45. 45

    Sous le fer d'un héros , vainqueur des Curiaces ,

  46. 46

    Épouse infortunée et sœur des trois Horaces ,

  47. 47

    Albine tombe et meurt en invoquant les Dieux ,

  48. 48

    Vengeurs de l'hymenée et d'un crime odieux.

  49. 49

    A de lâches époux par le Destin unies ,

  50. 50

    Plus courageuses qu'eux , les femmes des Minies ,

  51. 51

    Des habits de leur sexe osent les revêtir ,

  52. 52

    Et des prisons ainsi les forcent de sortir.

  53. 53

    Plus loin , le vieux Gracchus , époux de Cornélie ,

  54. 54

    Par ses rares vertus , à ses yeux embellie ,

  55. 55

    Meurt pour sauver les jours de sa tendre moitié ,

  56. 56

    Dont l'âge et les attraits excitent la pitié.

  57. 57

    La fille de Caton , digne épouse de l'homme ,

  58. 58

    Qui , jeune encor , vengea la liberté de Rome ;

  59. 59

    Honneur du nom Romain , l'illustre Porcia ,

  60. 60

    Qu'à Brutus , son époux , la mort associa ,

  61. 61

    Pour le suivre au tombeau hâtant ses funérailles ,

  62. 62

    Boit des charbons ardens qui brûlent ses entrailles ;

  63. 63

    Plus courageuse , hélas ! par ce genre de mort ,

  64. 64

    Que Caton , dont le glaive a terminé le sort.

  65. 65

    Enfin , dans le Parvis de cet auguste Temple ,

  66. 66

    De l'Amour conjugal on voit l'illustre exemple.

  67. 67

    Philémon et Baucis transformés en ormeaux ,

  68. 68

    A l'envi l'un de l'autre enlacent leurs rameaux ;

  69. 69

    Ils meurent , et malgré l'écorce qui les presse ,

  70. 70

    Leurs cœurs semblent encor palpiter de tendresse.

  71. 71

    Dans cet asile heureux consacrant leurs sermens ,

  72. 72

    L'amour sert de témoin et de guide aux amans.

  73. 73

    De leurs goûts mutuels les douces sympathies ,

  74. 74

    Tiennent jusqu'au tombeau leurs ames assorties ,

  75. 75

    Et l'hymen protecteur de la Postérité ,

  76. 76

    Comble leurs chastes vœux par la fécondité.

  77. 77

    Digne fille des Cieux , des mortels honorée ,

  78. 78

    Aux rives du Jourdain jadis si révérée ,

  79. 79

    Fécondité , tu nais de l'assemblage heureux

  80. 80

    De deux tempéramens sains , divers , amoureux.

  81. 81

    Arbitre souverain de tout ce qui respire ,

  82. 82

    L'air , la terre et les eaux forment ton vaste empire ;

  83. 83

    Nuit et jour attentive au bonheur des humains ,

  84. 84

    Le monde à chaque instant sort plus pur de tes mains.

  85. 85

    La mort moissonne tout sur la terre et sur l'onde ,

  86. 86

    Et toi de ses malheurs tu consoles le monde.

  87. 87

    Sur l'aride sommet d'un mont toujours glacé ,

  88. 88

    De l'hymen , m'a-t-on dit , l'autre Temple est placé.

  89. 89

    De nœuds mal assortis et d'époux infidèles ,

  90. 90

    L'art d'Euxis y traça les plus affreux modèles.

  91. 91

    Là , par l'Araxe , aux yeux d'un époux forcené ,

  92. 92

    De Zénobie en pleurs le corps est entraîné.

  93. 93

    Ici, d'Agamemnon, l'épouse criminelle,

  94. 94

    Jure au coupable Egyste un amour plus fidèle.

  95. 95

    Là, Phèdre, après la mort d'un fils trop vertueux,

  96. 96

    Découvre à son époux ses feux incestueux.

  97. 97

    Plus loin, Sémiramis suit Ninus dans la tombe,

  98. 98

    Par Ninias frappée elle chancelle et tombe.

  99. 99

    La veuve de Laïus, ici sur un tombeau,

  100. 100

    D'un exécrable hymen allume le flambeau.

  101. 101

    Des remparts d'Ilion, l'audacieuse Hélène,

  102. 102

    Suit des yeux Ménélas, tandis que dans la plaine,

  103. 103

    Achille, de courroux encore étincelant,

  104. 104

    Traîne à son char, d'Hector le corps pâle et sanglant.

  105. 105

    On voit, non sans frémir, de sang encor fumantes,

  106. 106

    Des enfans d'Égyptus les perfides amantes,

  107. 107

    Qui pour avoir souscrit à l'ordre paternel,

  108. 108

    Subissent aux Enfers un supplice éternel.

  109. 109

    Du Démon de la rage en secret possédée,

  110. 110

    L'épouse de Jason, l'exécrable Médée,

  111. 111

    Se livrant aux accès de ses transports jaloux,

  112. 112

    Égorge ses enfans aux yeux de son époux.

  113. 113

    Enfans infortunés ! innocentes victimes !

  114. 114

    De nœuds mal assortis, ô fruits trop légitimes !

  115. 115

    De votre sort du moins n'accusez pas Jason,

  116. 116

    Mais un monstre infernal vomi dans sa maison.

  117. 117

    D'un monstre plus affreux, plus cruel que Médée,

  118. 118

    L'épouse de Jason me retrace l'idée,

  119. 119

    Pour briser de l'hymen les nœuds mal assortis,

  120. 120

    Riobon fit périr et sa fille et son fils.

  121. 121

    Ce Temple où tout inspire et l'horreur et la crainte,

  122. 122

    Du céleste courroux porte en tous lieux l'empreinte,

  123. 123

    L'Ambition, l'Orgueil, l'Intérêt sont les Dieux

  124. 124

    Qui sans cesse occupés de calculs odieux,

  125. 125

    Y règlent le destin de mille infortunées,

  126. 126

    Par de parens cruels à l'autel entraînées ;

  127. 127

    L'Amour né sans fierté, l'Amour né généreux,

  128. 128

    Qui sait que la grandeur, que l'or fait peu d'heureux,

  129. 129

    Gémit tout bas assis à la porte du Temple.

  130. 130

    Plus d'une jeune épouse en sortant le contemple,

  131. 131

    Et lui sourit. L'Amour se glisse, et dans son cœur,

  132. 132

    Aux yeux d'un vieil époux enfonce un trait vainqueur.

  133. 133

    De concert avec lui, la Nature indignée

  134. 134

    De se voir en esclave aux autels dédaignée,

  135. 135

    Livre son cœur volage à l'infidélité,

  136. 136

    Et son cœur jeune encore à la stérilité.

  137. 137

    Oui, la stérilité, fléau si redoutable,

  138. 138

    Est de nœuds mal tissus l'effet inévitable.

  139. 139

    Comme tout sol fécond n'est pas propre à tout grain,

  140. 140

    Et qu'un agriculteur doit savoir du terrain,

  141. 141

    Avant d'ensemencer, distinguer la Nature,

  142. 142

    La force, la couleur, les fruits et la culture,

  143. 143

    Ainsi toujours l'hymen doit faire un heureux choix,

  144. 144

    De tempéramens sains, au besoin chauds ou froids ;

  145. 145

    Consultez donc les lois de la progéniture,

  146. 146

    Avant d'ensemencer le champ de la Nature.

  147. 147

    Il est un art heureux d'assortir les époux,

  148. 148

    Que Lucine, en secret, ne confia qu'à nous.

  149. 149

    Viens apprendre à choisir, digne chef de famille,

  150. 150

    Une épouse à ton fils, un époux à ta fille ;

  151. 151

    Sois docile, et le ciel, bientôt comblant tes vœux,

  152. 152

    Daignera t'accorder d'innombrables neveux.

  153. 153

    Veux-tu qu'après neuf mois ta fille enceinte engendre ?

  154. 154

    Au gré de ses souhaits, adopte pour ton gendre

  155. 155

    Un jeune homme au teint frais, un beau brun au long nez,

  156. 156

    Dont les sourcils épais en double arc dessinés,

  157. 157

    Ombragent deux yeux noirs, roulant sous la paupière,

  158. 158

    Qui, rivaux du soleil, affrontent la lumière,

  159. 159

    Dont la voix et l'air mâle attestent la vigueur.

  160. 160

    Mais fuis ces Damoiseaux à l'œil plein de langueur,

  161. 161

    Ces Lindors, si communs dans le siècle où nous sommes,

  162. 162

    Dont l'air efféminé fait douter s'ils sont hommes ;

  163. 163

    Qui, la guitare en main, sur des airs langoureux,

  164. 164

    S'épuisent à chanter leur délire amoureux,

  165. 165

    Et les feux dont leur ame est en vain consumée ;

  166. 166

    Feux follets qui soudain s'exhalent en fumée,

  167. 167

    Quand l'hymen trop crédule exauçant leurs désirs,

  168. 168

    Rougit de leur faiblesse au sein des vrais plaisirs.

  169. 169

    Cependant nous voyons au sein même des villes,

  170. 170

    Moins d'époux impuissans, que d'épouses stériles ;

  171. 171

    Ou trop de sécheresse, ou trop d'humidité,

  172. 172

    Nuit souvent, chez le sexe, à la fécondité.

  173. 173

    La chaleur excessive, ou l'humeur lymphatique,

  174. 174

    Etouffent dans son sein la liqueur prolifique.

  175. 175

    Le bain chaud, l'exercice et la sobriété,

  176. 176

    Ont souvent triomphé de la stérilité.

  177. 177

    Fais donc choix d'une Bru jeune, vive et gentille,

  178. 178

    Que dans ses yeux brillans le feu d'amour pétille,

  179. 179

    Qu'elle soit sobre, swelte et ne gémisse point,

  180. 180

    Dans sa courte grosseur, sous l'excès d'embonpoint.

  181. 181

    Surtout que chaque mois Diane et la Nature,

  182. 182

    D'un sang pur et vermeil rougissent la ceinture,

  183. 183

    Qui des charmes secrets voile la nudité.

  184. 184

    Ce signe est le garant de la fécondité.

  185. 185

    C'est peu pour deux époux de n'être point stériles,

  186. 186

    Leurs approches souvent peuvent être inutiles ;

  187. 187

    Alors de leurs humeurs rétablissant le cours,

  188. 188

    L'art, peut à la Nature offrir d'heureux secours.

  189. 189

    Une femme célèbre, entre les Rois illustres,

  190. 190

    La Reine Médicis, pendant plus de deux lustres,

  191. 191

    Ne put avoir d'enfans. Cependant le Dauphin

  192. 192

    N'était pas impuissant. On le sait. Mais enfin,

  193. 193

    D'avoir des rejetons perdant toute espérance,

  194. 194

    Henri, d'un monstre impur, allait purger la France,

  195. 195

    Quand le Docte Fernel, sur sa stérilité,

  196. 196

    Par le couple Royal fut un jour consulté.

  197. 197

    Docteur, lui dit Henri, commande à la Nature

  198. 198

    D'accorder à nos vœux de la progéniture,

  199. 199

    Et d'une Race auguste ayant quelque pitié,

  200. 200

    Fais un petit Valois à ma tendre moitié.

  201. 201

    Prince, reprit Fernel, c'est à vous de le faire,

  202. 202

    Trop heureux si mon art a, pour vous satisfaire,

  203. 203

    Un moyen efficace et propre à seconder

  204. 204

    L'instant, le mode heureux qui doit la féconder.

  205. 205

    Médicis à regret, jusqu'alors inféconde,

  206. 206

    Grâce au Docte Fernel, mit cinq enfans au monde.

  207. 207

    Charles neuf dut le jour à ce rare bienfait,

  208. 208

    Qui pour l'humanité devait être un forfait.

  209. 209

    Médicis, au Docteur, avec reconnaissance,

  210. 210

    De chacun de ses fils acheta la naissance,

  211. 211

    Dix bons mille écus d'or donnés sans nul regret.

  212. 212

    Peut-on payer trop cher un si rare secret ?

  213. 213

    Cependant chaque auteur, a sur cette aventure,

  214. 214

    D'après ses préjugés, fondé sa conjecture.

  215. 215

    L'un pense que Fernel, par de très-prompts secours,

  216. 216

    De ses *Mois* supprimés sut rétablir le cours.

  217. 217

    L'autre croit qu'au Dauphin un avis salutaire,

  218. 218

    Apprit l'instant propice à l'amoureux mystère.

  219. 219

    Enfin, quelques auteurs ont cru sans fondement,

  220. 220

    Qu'Henri vit Médicis pendant l'écoulement.

  221. 221

    Femmes , qui désirez de la progéniture ,

  222. 222

    Durant le cours des _Mois_ respectez la Nature ;

  223. 223

    Le fils de Jupiter , Vulcain ainsi conçu ,

  224. 224

    Vint au monde impotent , cul de jatte et bossu.

  225. 225

    Entre son dos saillant et sa poitrine informe ,

  226. 226

    Sur son cou , court et gros , se meut sa tête énorme.

  227. 227

    De ses yeux larmoyans , de cire environnés ,

  228. 228

    Découlent deux ruisseaux qui , cotoyant le nez ,

  229. 229

    Vont parallèlement se perdre dans la bouche.

  230. 230

    Son nez toujours sifflant , plein d'humeur qui le bouche ,

  231. 231

    S'allonge , et se courbant en bec de perroquet ,

  232. 232

    Sur son menton fourchu tombe ainsi qu'un loquet.

  233. 233

    De l'une à l'autre oreille , infernale caverne ,

  234. 234

    Sa bouche offre en s'ouvrant l'image de l'Averne ,

  235. 235

    Gouffre impur , dont l'épaisse et noire exhalaison ,

  236. 236

    Change l'air qu'il respire en un mortel poison ;

  237. 237

    A l'émail de ses dents donne une teinte jaune ,

  238. 238

    Et peint en noir d'ébène une langue d'une aune.

  239. 239

    A deux bras décharnés pendent dix doigts crochus.

  240. 240

    Son tronc a pour soutien deux pieds plats et fourchus.

  241. 241

    Du portrait de Vulcain c'est l'esquisse fidèle.

  242. 242

    Jupiter , à l'aspect de cet affreux modèle ,

  243. 243

    Fronce ses noirs sourcils. Fils indigne du jour ,

  244. 244

    Ne déshonore plus le céleste séjour ,

  245. 245

    Dit-il , et sans pitié , le Maître du tonnerre ,

  246. 246

    Soudain du haut des cieux le lance sur la terre.

  247. 247

    Ce malheureux enfant , perclus , estropié ,

  248. 248

    Dans les flancs de l'Etna se traîne sur un pied.

  249. 249

    Forgeron de l'Olympe , à Lemnos , à Lipare ,

  250. 250

    Il vend à Jupiter les carreaux qu'il prépare ,

  251. 251

    Et vend plus cher encor , aux malheureux humains ,

  252. 252

    Les _Forceps_ , les crochets , ouvrages de ses mains ,

  253. 253

    Que Levret a transmis à sa secte inhumaine ,

  254. 254

    Pour peupler des enfers le vaste et noir domaine.

  255. 255

    Cependant ce Vulcain , digne objet de mépris ,

  256. 256

    Par sa difformité , fut l'époux de Cypris.

  257. 257

    Vénus avait alors son empire à Cythère ,

  258. 258

    Et seule y présidait à l'amoureux mystère ;

  259. 259

    Le petit Dieu malin , Intendant de sa cour ,

  260. 260

    Et Roi de l'Univers , n'avait pas vu le jour.

  261. 261

    Les Plaisirs , les Attraits , les Jeux , les Ris , les Grâces ,

  262. 262

    De la fille de l'onde accompagnaient les traces ,

  263. 263

    Paris lui décerna le prix de la Beauté ;

  264. 264

    Junon à la prière abaissant sa fierté ,

  265. 265

    Pour plaire à Jupiter par sa riche parure ,

  266. 266

    A sa rivale un jour emprunta la ceinture ;

  267. 267

    A l'épouser les Dieux mettaient tous leur bonheur ,

  268. 268

    Mais Vulcain seul obtint ce dangereux honneur.

  269. 269

    Malheur à tout Vulcain , d'humeur sombre et jalouse

  270. 270

    Assez fou , pour choisir la Beauté pour épouse.

  271. 271

    Pour son mari Vénus eùt tant d'aversion ,

  272. 272

    Qu'elle assouvit de Mars l'ardente passion.

  273. 273

    De Vénus et du Dieu qui préside à la guerre

  274. 274

    Naquit l'Amour , Tyran du ciel et de la terre ,

  275. 275

    Et qui sur les Dieux même , établissant ses droits ,

  276. 276

    Reconnaît pour sujets les bergers et les Rois.

  277. 277

    Vulcain qui les surprit , eût fait mieux de se taire ,

  278. 278

    Au lieu de publier cet amour adultère ,

  279. 279

    Dont les Dieux satisfaits rirent à ses dépens ,

  280. 280

    Ce qui rendit depuis les époux plus prudens.

  281. 281

    Vulcains hargneux ! autant vous en pend à l'oreille ;

  282. 282

    Ne soyez point jaloux , ou craignez la pareille.

  283. 283

    Femmes , songez-y donc. Le plus grand des chagrins ,

  284. 284

    Pour une mère tendre est d'avoir des Vulcains.

  285. 285

    Eh ! quels droits avez-vous à la reconnaissance

  286. 286

    D'un enfant qui maudit le jour de sa naissance ,

  287. 287

    Et qui par sa faiblesse et ses infirmités ,

  288. 288

    Ajoute encore au poids de nos calamités.

  289. 289

    Ah ! craignez que du sang abjurant la tendresse ,

  290. 290

    Ce fruit trop malheureux d'une amoureuse ivresse ,

  291. 291

    De ses concitoyens jouet infortuné ,

  292. 292

    Ne vous punisse un jour du malheur d'être né.

  293. 293

    Ainsi , pour se venger d'un destin peu prospère ,

  294. 294

    Vulcain osa servir le courroux de son père.

  295. 295

    Des enfans de Titan , armés contre les Cieux ,

  296. 296

    Vulcain avait flatté l'orgueil ambitieux.

  297. 297

    Jupiter , des Géans extermina la race ,

  298. 298

    Et voulant d'une épouse humilier l'audace ,

  299. 299

    Les bras chargés de fers et sourd à la pitié ,

  300. 300

    Il suspend dans les airs sa perfide moitié.

  301. 301

    Vulcain , pour se venger de sa laideur extrême ,

  302. 302

    Forgea ses chaînes d'or et les riva lui-même.

  303. 303

    Les jours les plus heureux pour la conception ,

  304. 304

    Sont les huit qui des *Mois* suivent l'éruption.

  305. 305

    D'abord d'un sang impur la matrice allégée ,

  306. 306

    A bien plus de ressort, d'un tel poids soulagée ;

  307. 307

    De plus , dans cet état , l'embrion fécondé ,

  308. 308

    Dans son accroissement est bien mieux secondé.

  309. 309

    Cependant , gardez-vous de croire à l'Imposture ,

  310. 310

    Qui prétend à ses lois asservir la Nature.

  311. 311

    Enfans des préjugés , trop crédules esprits ,

  312. 312

    Victimes d'une erreur digne de vos mépris ,

  313. 313

    Loin d'outrager le Ciel par des vœux sacriléges ,

  314. 314

    Riez des enchanteurs et de leurs sortiléges.

  315. 315

    Des esprits infernaux les décrets rigoureux ,

  316. 316

    Ne sauraient *enchanter* un époux vigoureux ,

  317. 317

    Qui fier de sa conquête et plein de son image ,

  318. 318

    Vient au Dieu d'hymenée offrir un pur hommage.

  319. 319

    D'une jeune Beauté les charmes ravissans

  320. 320

    Rendraient de Belzébut les charmes impuissans.

  321. 321

    Un vieil époux sans force auprès de sa conquête ,

  322. 322

    Inventa le premier les nœuds de l'aiguillette ,

  323. 323

    Et par un vain détour à sa jeune moitié ,

  324. 324

    Voulut en sa faveur inspirer la pitié.

  325. 325

    Sensible à son malheur, sa crédule compagne ,

  326. 326

    Va , de Millepertuis , dépouiller la campagne ,

  327. 327

    En mêle avec la Rhue , et peint tout son manoir ,

  328. 328

    Avec la graisse d'ours , de loup et de chien noir.

  329. 329

    Aux quatre pieds du lit, en invoquant Hercule ,

  330. 330

    Sa main , d'un jeune coq , suspend un testicule ,

  331. 331

    Et prononce sept fois , quatorze mots écrits ,

  332. 332

    Avec du sang de biche et de chauve-souris.

  333. 333

    Mais honteux d'abuser de la foi conjugale ,

  334. 334

    Le vieux Tithon consent qu'on le change en cigale.

  335. 335

    Je reconnais , dit-il , trop tard , que la Beauté

  336. 336

    Exige avec raison la force et la santé.

  337. 337

    Respectables vieillards , si votre cœur recèle ,

  338. 338

    De vos feux mal éteins quelque faible étincelle ,

  339. 339

    N'allez pas de l'hymen rallumer le flambeau ,

  340. 340

    Votre lit nuptial serait votre tombeau.

  341. 341

    Et vous , de l'intérêt déplorables victimes ,

  342. 342

    Rougissez de brûler de feux illégitimes.

  343. 343

    La honte suit le crime , et toujours le mépris ,

  344. 344

    Le remords , l'infortune en sont le digne prix.

  345. 345

    Si du moins , dites-vous , contre toute apparence ,

  346. 346

    D'être mères un jour la flatteuse espérance ..... !

  347. 347

    Voulez-vous l'être ? Eh bien ! il ne tiendra qu'à vous.

  348. 348

    Junon , sans le secours de son auguste époux ,

  349. 349

    Mais non sans l'étonner, Junon, chaste et féconde,

  350. 350

    A sa barbe, à son nez, mit le Dieu Mars au monde.

  351. 351

    L'impartialité de l'histoire est la sœur.

  352. 352

    Dans cet assaut d'enfans, Jupin fut l'aggresseur ;

  353. 353

    Il faut en convenir, et mainte honnête épouse,

  354. 354

    Peut-être en pareil cas eût été plus jalouse.

  355. 355

    Jupin, par un prodige admirable et nouveau,

  356. 356

    Avait tiré Pallas de son fécond cerveau.

  357. 357

    Vulcain, d'un coup de hache, en cette conjoncture,

  358. 358

    Du crâne paternel rompant chaque suture,

  359. 359

    Des pubis, à Sigaud, plus rusé qu'inhumain,

  360. 360

    Fraya, sans le vouloir, le dangereux chemin.

  361. 361

    Junon qui savait comme et par où l'on accouche,

  362. 362

    Pensa qu'une rivale avait souillé sa couche.

  363. 363

    La vengeance, dit-on, est le plaisir des Dieux,

  364. 364

    Maîs sans ternir l'éclat de son front radieux,

  365. 365

    Comment de Jupiter ? Elle va trouver Flore.

  366. 366

    Accordez à mes vœux la grâce que j'implore,

  367. 367

    Déesse, lui dit-elle... Une grâce, ordonnez,

  368. 368

    De fleurs sans nombre, ici, vos champs sont couronnés,

  369. 369

    Chacune a ses vertus. En existe-t-il une

  370. 370

    Dont la propriété, sans doute peu commune,

  371. 371

    Pût sans autre secours me faire concevoir ?

  372. 372

    Reine des cieux, dit Flore, il est en mon pouvoir

  373. 373

    De remplir vos souhaits. Allez aux champs d'Olène,

  374. 374

    Au coucher du soleil. Là, le bon vieux Silène,

  375. 375

    A qui j'ai confié le soin de cette fleur,

  376. 376

    Vous la fera toucher, et sa douce chaleur,

  377. 377

    Par un charme inconnu, par un pouvoir magique,

  378. 378

    Vous transmettra soudain sa vertu prolifique.

  379. 379

    Junon part. Le soleil, dans le sein de Thétis,

  380. 380

    Avait caché l'éclat de ses feux amortis.

  381. 381

    Elle arrive. Silène en son champ la reçoit ;

  382. 382

    Junon presse la fleur de ses doigts , et conçoit.

  383. 383

    Ainsi pour se venger du Maître du tonnerre ,

  384. 384

    Junon mit seule au jour , Mars , le Dieu de la guerre.

  385. 385

    Monstre , qui te repais de carnage et de sang ,

  386. 386

    Tigre , qui nous souris en nous perçant le flanc ,

  387. 387

    Des Dilapidateurs Divinité chérie ,

  388. 388

    Dis-moi donc quels forfaits a commis ma patrie,

  389. 389

    Dont ton bras forcené , sous un glaive assassin ,

  390. 390

    Se plaît depuis vingt ans à déchirer le sein ?

  391. 391

    N'est-ce donc point assez que l'affreuse Anarchie ,

  392. 392

    Sur les débris du trône et de la Monarchie ,

  393. 393

    Organisant le meurtre avec impunité ,

  394. 394

    Ait fait , au nom des lois , frémir l'humanité ?

  395. 395

    Vois ces monstres gorgés de sang et de rapines ,

  396. 396

    Insulter à la France , assis sur ses ruines ,

  397. 397

    Et vouer au trépas tous ceux qui de Brutus ,

  398. 398

    Refusent d'imiter les farouches vertus.

  399. 399

    Veux-tu du sang ? Eh ! bien , digne appui de sa gloire,

  400. 400

    Va seconder Carrier aux rives de la Loire.

  401. 401

    Protecteur d'un bourreau , du front de nos guerriers ,

  402. 402

    Détache en rougissant quelques faibles lauriers.

  403. 403

    Je verrai pour l'honneur de ma triste Patrie ,

  404. 404

    Renaître les Beaux-Arts dont la gloire est flétrie ,

  405. 405

    Et la France en dépit de toi, de tes noirceurs ,

  406. 406

    D'une éternelle paix goûtera les douceurs.

  407. 407

    Mais que fais-je ? où m'égare , ô sexe que j'adore !

  408. 408

    Ce trop juste transport contre un Dieu que j'abhorre ?

  409. 409

    De la magique fleur qui féconda Junon ,

  410. 410

    Femmes , en rougissant , vous demandez le nom ?

  411. 411

    Au coucher du Soleil , allez aux champs d'Olène ,

  412. 412

    Le demander tout bas au bon homme Silène ,

  413. 413

    Pour moi, sans en savoir le nom, ni la couleur,

  414. 414

    Je crois qu'un beau Narcisse est cette heureuse fleur.

  415. 415

    Mais que dis-je? à quoi bon voler aux champs d'Olène,

  416. 416

    Pour ravir son secret au bon homme Silène,

  417. 417

    Quand le sexe fidèle à la virginité,

  418. 418

    Peut cueillir les doux fruits de la maternité.

  419. 419

    Le grand Thomas d'Aquin, céleste régnicole,

  420. 420

    Cet aigle des Docteurs, cet Ange de l'école,

  421. 421

    Si fécond en écrits, par l'Esprit saint dictés,

  422. 422

    En sa *Somme* éternelle entr'autres vérités,

  423. 423

    Nous dit ingénûment qu'en l'état d'innocence,

  424. 424

    La femme concevait seule et par l'influence,

  425. 425

    De l'esprit qu'enflammait l'imagination,

  426. 426

    Mais, qu'après le péché, la génération

  427. 427

    Exigea le concours des femmes et des hommes,

  428. 428

    Que Dieu pour nous punir nous fit tels que nous sommes.

  429. 429

    Cependant, à Grenoble, un arrêt solennel,

  430. 430

    Donne à ce saint Docteur un démenti formel.

  431. 431

    Par arrêt de la Cour, la Dame d'Aiguemère,

  432. 432

    D'un légitime enfant fut bien et dûment mère,

  433. 433

    Quoique son cher époux riche et féal Seigneur,

  434. 434

    Absent depuis quatre ans n'en pût être l'auteur.

  435. 435

    De ce fameux procès j'extraits, en pur sommaire,

  436. 436

    La déposition de la Dame Aiguemère.

  437. 437

    Au mois de juin, en proie à la chaleur du jour,

  438. 438

    Je regagne à minuit mon champêtre séjour ;

  439. 439

    D'un époux, tendre objet de ma sollicitude,

  440. 440

    Le souvenir d'abord charme ma solitude,

  441. 441

    Mais bientôt de l'absence éprouvant les tourmens,

  442. 442

    La Vérité fait place à l'erreur d'un moment.

  443. 443

    Je me couche. Un seul drap ma simple couverture,

  444. 444

    Sur mes genoux errait, flottait à l'aventure.

  445. 445

    Bientôt sur moi , Morphée agitant ses pavots ,

  446. 446

    Je goûtai les douceurs d'un paisible repos.

  447. 447

    Je rêvais d'Aiguemère. Un rêve est un mensonge ,

  448. 448

    Cependant cette fois je fus heureuse en songe ,

  449. 449

    Puisque rêve jamais n'eut un plus doux succès.

  450. 450

    Ma fenêtre aux zéphirs laissait un libre accès ,

  451. 451

    Par leur souffle amoureux en rêvant secondée ,

  452. 452

    Dans les bras d'un époux je me sens fécondée.

  453. 453

    La Dame paya cher un instant de bonheur ,

  454. 454

    Deux monstres en justice attaquant son honneur ,

  455. 455

    Et niant qu'on pût faire un enfant par pensée ,

  456. 456

    La traitent à l'envi de Catin , d'insensée ;

  457. 457

    Mais le Sénat vengeant sa réputation ,

  458. 458

    Détruit par un arrêt cette imputation.

  459. 459

    Les deux accusateurs sont déclarés infâmes ,

  460. 460

    Et la Dame aux zéphirs la plus chaste des femmes.

  461. 461

    Aux zéphirs amoureux , rivaux de vos maris ,

  462. 462

    Fermez vos contrevents , Lucrèces de Paris ;

  463. 463

    Les zéphirs libertins , au sein même des Grâces ,

  464. 464

    De leurs folâtres jeux laissent souvent des traces ;

  465. 465

    L'enfant tient de sa mère , et l'on sait que Cloris

  466. 466

    Fut , dans les jeux d'Amour , l'émule de Cypris.

  467. 467

    Cloris eut la Beauté , les Grâces en partage ,

  468. 468

    Ce n'est pas tout encore , à ce double avantage ,

  469. 469

    La fortune avait joint les trésors de Plutus ,

  470. 470

    Et ces dons à Cloris tenaient lieu de vertus ,

  471. 471

    Ornemens du beau sexe et garans de sa gloire.

  472. 472

    Cependant le Sénat consacra sa mémoire ;

  473. 473

    Héritier de ses biens et de ses revenus ,

  474. 474

    Il mit au rang des Dieux la terrestre Vénus ,

  475. 475

    Et sous le nom de Flore , amante de Zéphire ,

  476. 476

    Cloris , Reine des fleurs , obtint un vaste empire ,

  477. 477

    Tandis que ses enfans , en cent climats divers ,

  478. 478

    Dans leurs folâtres jeux fécondent l'Univers.

  479. 479

    Mais laissons les zéphirs et leurs amours futiles ,

  480. 480

    Aux progrès de mon art mille fois moins utiles ,

  481. 481

    Que tant d'autres objets curieux , importans ,

  482. 482

    Auxquels déjà ma Muse a ravi trop d'instans.

  483. 483

    Les Titans orgueilleux , fiers enfans de la terre ,

  484. 484

    A Jupiter un jour déclarèrent la guerre.

  485. 485

    Soudain ces scélérats , Géans audacieux ,

  486. 486

    Entassant monts sur monts , escaladent les cieux.

  487. 487

    Jupiter , comme un fou , rit , du haut de l'Olympe ,

  488. 488

    De voir Cacus grimpant qui s'abat et regrimpe.

  489. 489

    Ancelade , Egéon au combat acharnés ,

  490. 490

    Qui font voler Ossa , Pélion à son nez.

  491. 491

    Lorsqu'à travers les airs se frayant une route ,

  492. 492

    Typhée , homme et serpent , fend la céleste voûte,

  493. 493

    Et de sa tête énorme épouvante les Dieux ,

  494. 494

    Qui , sans prendre congé , sans faire leurs adieux ,

  495. 495

    Dans l'excès de leur crainte , hors d'état de combattre,

  496. 496

    Laissent Typhée au ciel faire le diable à quatre ,

  497. 497

    Et du vaillant Bacchus , indignes compagnons ,

  498. 498

    Vont de l'heureuse Egypte habiter les oignons.

  499. 499

    Jupin , dit Evohé , ta troupe déménage ,

  500. 500

    Prends y garde , et ceci n'est plus un badinage ;

  501. 501

    Fais voir à ces faquins , qu'à ta Divinité ,

  502. 502

    On n'insulta jamais avec impunité.

  503. 503

    Il dit : au même instant le Maître du tonnerre ,

  504. 504

    Indigné du combat des enfans de la terre ,

  505. 505

    Tonne , gronde , et sa foudre , au milieu des éclairs ,

  506. 506

    Vole , atteint , frappe , abat les Géans dans les airs.

  507. 507

    Ils roulent. Avec eux roulent dans les campagnes ,

  508. 508

    Mille rochers fumans , mille énormes montagnes ,

  509. 509

    Qui des Titans vaincus, l'un sur l'autre entassés,

  510. 510

    Entraînent avec eux les membres dispersés.

  511. 511

    Le Tout-Puissant, le Dieu que tout chrétien révère,

  512. 512

    Pour les fils de Noë se montra moins sévère,

  513. 513

    Quand d'un monde nouveau fortunés habitans,

  514. 514

    On les vit follement imiter les Titans,

  515. 515

    Et construire une Tour dont la cime orgueilleuse

  516. 516

    Devait frayer du ciel la route périlleuse.

  517. 517

    Dieu, qui voit des humains les projets insensés,

  518. 518

    Rendit vains tout-à-coup leurs travaux commencés;

  519. 519

    Chacun d'eux oubliant sa langue maternelle,

  520. 520

    Parlait sans s'en douter une langue nouvelle,

  521. 521

    Et malgré mille efforts, mille soins superflus,

  522. 522

    Ils se nuisaient l'un l'autre et ne s'entendaient plus.

  523. 523

    Ainsi Babel, objet de leur folle espérance,

  524. 524

    Devint un monument d'orgueil et d'ignorance.

  525. 525

    En ceci la Nature imite son Auteur,

  526. 526

    Quand de l'art le plus simple élevant la hauteur,

  527. 527

    D'accoucheurs ignorans une horde assassine,

  528. 528

    Veut soumettre à ses lois le Génie et Lucine,

  529. 529

    La Nature se venge en rendant leurs soins vains,

  530. 530

    Et d'erreur en erreur conduit ces écrivains ;

  531. 531

    Ils ne s'entendent plus, et leurs doctes mensonges,

  532. 532

    Examinés de près, ne sont que d'heureux songes.

  533. 533

    Apollon, qui jadis, sous leurs antres fumeux,

  534. 534

    Engloutis ces Géans, ces Cyclopes fameux,

  535. 535

    Forgerons de Vulcain, artisans de la foudre,

  536. 536

    Dont les éclats vengeurs avaient réduit en poudre

  537. 537

    Esculape, ce fils, si cher à ton amour,

  538. 538

    Qui rendit Hippolyte à la clarté du jour,

  539. 539

    Pour l'honneur de ton art, Dieu de la Médecine,

  540. 540

    Apollon, venge enfin la Nature et Lucine,

  541. 541

    Engloutis ces Vulcains, ces Cyclopes nouveaux,

  542. 542

    Des fils de Polyphême audacieux rivaux ;

  543. 543

    Et si pour t'en punir, le Maître du tonnerre,

  544. 544

    Une seconde fois te bannit sur la terre,

  545. 545

    Ne va plus te cacher aux bords Théssaliens,

  546. 546

    Viens m'aider à dompter les fiers Césariens,

  547. 547

    Dans l'antique Lutèce, exerçant leurs ravages,

  548. 548

    De ces tigres cruels purge enfin ces rivages ;

  549. 549

    Viens du commerce heureux des neuf savantes sœurs,

  550. 550

    Nous apprendre à goûter les paisibles douceurs,

  551. 551

    Et consoler enfin les enfans du Génie,

  552. 552

    Qui des arts et des mœurs maintiennent l'harmonie.

  553. 553

    Amis de la Nature et de la Vérité,

  554. 554

    Vous, dont les noms transmis à la Postérité,

  555. 555

    Seront avec respect consacrés par l'histoire,

  556. 556

    Nous venons dans ce temple, asile de la gloire,

  557. 557

    Méditer à vos pieds vos sublimes écrits ;

  558. 558

    Puisse votre génie embraser nos esprits !

  559. 559

    Adorez Hippocrate, élèves de Lucine.

  560. 560

    Oracle en Chirurgie, oracle en Médecine,

  561. 561

    Il posa de votre art les premiers fondemens,

  562. 562

    Et tira du cahos l'art des accouchemens.

  563. 563

    Il est vrai qu'il commit une erreur capitale,

  564. 564

    Qui fut à la science, au sexe bien fatale.

  565. 565

    Hippocrate n'admet qu'un seul accouchement

  566. 566

    Naturel. Quand la tête, avant l'enfantement,

  567. 567

    Nous dit-il, se présente au col de la matrice,

  568. 568

    Et que le sinciput dilate l'orifice.

  569. 569

    C'est une erreur ; et Celse apprend que sans danger,

  570. 570

    Les enfans par les pieds peuvent se dégager.

  571. 571

    Toujours de la Nature interprète fidèle,

  572. 572

    Paul-d'Egyne, après lui, surpassa son modèle.

  573. 573

    Prudent , judicieux , savant observateur ;

  574. 574

    Il déchira le masque au front de l'imposteur ;

  575. 575

    Bannit des instrumens l'appareil formidable ,

  576. 576

    Et remit le travail aux mains d'un sexe aimable :

  577. 577

    Il eut des ennemis , mais le profond savoir ,

  578. 578

    La vertu , les talens sont faits pour en avoir.

  579. 579

    Rhodion à son tour imita Paul-d'Egyne.

  580. 580

    Ce Médecin célèbre , Allemand d'origine ,

  581. 581

    Connut , pratiqua l'art , l'enrichit d'un Traité

  582. 582

    Plein de précision et d'ordre et de clarté.

  583. 583

    Le spasme , le travail , la perte , le délivre ,

  584. 584

    Le fétus mort à fond sont traités dans son livre.

  585. 585

    Moschion plus exact dans ses descriptions ,

  586. 586

    De la femme en travail peint les positions ;

  587. 587

    Du reste , en méditant sa sublime doctrine ,

  588. 588

    On croit lire à la fois Rhodion , Paul-d'Egine.

  589. 589

    Albucasis.... Ah ! Dieux , je sens mon cœur frémir ;

  590. 590

    J'entends à son nom seul l'humanité gémir.

  591. 591

    Celse , en Maître de l'art , en dirigea l'étude ;

  592. 592

    Des femmes en travail , il fixe l'attitude.

  593. 593

    Du crochet déjà né partisan malheureux ,

  594. 594

    Au moins il en défend l'abus trop dangereux.

  595. 595

    Il apprend à porter d'une main protectrice ,

  596. 596

    Le perfide instrument au fond de la matrice ,

  597. 597

    A respecter ses bords , inévitable écueil ,

  598. 598

    En saisissant l'enfant par la bouche ou par l'œil.

  599. 599

    Avicenne au fétus fit une ligature ,

  600. 600

    Et le forceps en main tourmenta la Nature.

  601. 601

    Mauriceau mérita sa réputation ,

  602. 602

    A force de forger il devint forgeron ;

  603. 603

    En filou très-adroit il fit la Médecine ,

  604. 604

    Et ses heureux larcins ont enrichi Lucine.

  605. 605

    Mais la Postérité ne lui pardonne pas

  606. 606

    D'avoir livré sans honte, à la faux du trépas,

  607. 607

    Une femme en travail pour punir Chamberleyne,

  608. 608

    De s'être cru plus fin qu'un renard de la Seine.

  609. 609

    Ses œuvres à mes yeux n'en ont pas moins de prix,

  610. 610

    Mais j'ai pour leur auteur un souverain mépris ;

  611. 611

    Mauriceau tout couvert du sang de sa victime,

  612. 612

    M'épouvante, et jamais n'obtiendra mon estime.

  613. 613

    Paul-Portal, vrai, naïf et sans prétentions,

  614. 614

    N'a point enrichi l'Art par ses inventions.

  615. 615

    Mais j'estime un Auteur qui, modeste et sincère,

  616. 616

    Me dit ce qu'il a fait et non ce qu'il faut faire.

  617. 617

    Peän suivit la Nature, et vrai praticien,

  618. 618

    Ne traita point Lucine en mécanicien.

  619. 619

    Attendons, disait-il, ses ordres en silence,

  620. 620

    Attendons, car plus fait douceur que violence.

  621. 621

    Amand, par ses erreurs, vend cher la vérité,

  622. 622

    Mais pourquoi le juger avec sévérité ?

  623. 623

    L'astre le plus brillant a toujours quelque tache,

  624. 624

    Toujours au fond du puits la vérité se cache.

  625. 625

    Il brisa les crochets de ses puissantes mains,

  626. 626

    Et n'employa jamais des moyens inhumains.

  627. 627

    Deventer vit partout une matrice oblique,

  628. 628

    Et son fantôme vain fut son obstacle unique.

  629. 629

    On dirait qu'il a fait son ouvrage en rêvant.

  630. 630

    C'est don-Quichotte armé contre un moulin à vent.

  631. 631

    Viardel fit un livre, et sans vouloir médire,

  632. 632

    Aux élèves de l'Art il faudrait l'interdire ;

  633. 633

    C'est pour eux en effet un dangereux Auteur.

  634. 634

    Le Docteur Ranchéri n'est pas plus radoteur ;

  635. 635

    Ah ! qu'il connaissait bien les sottises vulgaires,

  636. 636

    Cet impayable Auteur des Erreurs Populaires.

  637. 637

    Aussi parmi les sots tient-il un riche rang,

  638. 638

    De l'Immortalité ce chef-d'œuvre est garant.

  639. 639

    Trop heureux si toujours amoureux de lui-même,

  640. 640

    Narcisse, il n'eût pas fait une imprudence extrême,

  641. 641

    D'attaquer méchamment qui ne lui disait rien,

  642. 642

    Et qui se rit de lui l'ANTI-CÉSARIEN.

  643. 643

    Viardel dit qu'un monstre est un effet funeste,

  644. 644

    Des forfaits des mortels et du courroux céleste.

  645. 645

    Il a fixé l'époque, où de secrets ressorts,

  646. 646

    Par d'invisibles nœuds unissent l'ame au corps.

  647. 647

    Accoucheur peu galant il pense et dit que l'ame

  648. 648

    Est plus lente à germer dans le corps de la femme.

  649. 649

    Suivant l'opinion de ce Docteur instruit,

  650. 650

    L'enfant vit à sept mois, et ne peut vivre à huit.

  651. 651

    A l'en croire, avec art, de sa main protectrice,

  652. 652

    Sans nul danger, du corps, il extrait la matrice.

  653. 653

    En lisant son ouvrage on n'est pas peu surpris,

  654. 654

    Que cet homme ait été célèbre dans Paris....

  655. 655

    Pourquoi s'en étonner ? est-ce un si grand miracle ?

  656. 656

    Baudelocque, à Paris, fut jadis un Oracle.

  657. 657

    Que fit-il ? bien du mal. Que savait-il ? rien, rien.

  658. 658

    Mais il fut intrigant, riche et Césarien.

  659. 659

    Lamotte, habile, adroit, doué d'intelligence,

  660. 660

    A rédiger les faits, mit trop de négligence,

  661. 661

    Ou peut-être le temps ne lui permit-il pas

  662. 662

    De peindre la Nature avec tous ses appas.

  663. 663

    Ould, savant dans son art, avec l'œil du Génie,

  664. 664

    Porta sur le bassin le compas d'Uranie,

  665. 665

    En fixa l'étendue, et ce premier pas fait,

  666. 666

    Fut pour l'Art un prodige et pour l'homme un bienfait.

  667. 667

    Mesnard, des accoucheurs guide sage et fidèle,

  668. 668

    N'est pas des Ecrivains le plus parfait modèle.

  669. 669

    Astruc, astre brillant paraît sur l'horizon,

  670. 670

    Et ramène avec lui, le jour de la raison,

  671. 671

    Protecteur du beau sexe, il l'instruit, l'encourage,

  672. 672

    Et cherche à le venger d'un sexe qui l'outrage.

  673. 673

    Clément dût au hasard sa vogue et son crédit,

  674. 674

    Il enrichit moins l'art, que l'art ne l'enrichit.

  675. 675

    Accoucheur des Laïs, en dépit de Lucine,

  676. 676

    Clément fit fortune où..... maint amant se ruine.

  677. 677

    Puzos, par Morizot, avec soin rédigé,

  678. 678

    Nous offre de son art un utile abrégé.

  679. 679

    Smellie aidé par Ould, décrit, demontre en maître,

  680. 680

    Les détroits du bassin et chaque diamètre,

  681. 681

    Mais Jouhson son disciple, à travers le bassin,

  682. 682

    Suit en vain le fétus dans sa route hors du sein ;

  683. 683

    Et cependant Smellie eut peu de renommée ;

  684. 684

    Des accoucheurs savans sa pratique estimée,

  685. 685

    Dans sa patrie ingrate eut peu de partisans.

  686. 686

    Les mécaniciens sans génie, artisans,

  687. 687

    De ses talens jaloux, redoutant pour modèle,

  688. 688

    De la simple Nature, une esclave fidèle,

  689. 689

    Rabaissaient sa pratique aux yeux des ignorans,

  690. 690

    Et lui fermaient ainsi tout accès chez les grands.

  691. 691

    Tes rivaux ne sont plus, ô Smellie! et l'histoire,

  692. 692

    Qui grava tes écrits au Temple de mémoire

  693. 693

    N'a pas daigné trausmettre, aux siécles à venir,

  694. 694

    Le nom de ces Intrus que l'oubli doit punir.

  695. 695

    Levret né sans talens dût tout à la fortune,

  696. 696

    Que l'aspect d'un savant, déconcerte, importune,

  697. 697

    Et qui par un caprice ordinaire à Paris,

  698. 698

    Parmi les ignorans choisit ses favoris.

  699. 699

    De quel droit dans la tombe où repose sa cendre,

  700. 700

    Pour la troubler aiusi, cherchez-vous à descendre ?

  701. 701

    De quel droit ? De celui qu'a la Postérité,

  702. 702

    De venger les affronts faits à la Vérité.

  703. 703

    Voulez-vous des Intrus , multiplier le nombre ?

  704. 704

    Payez les bien vivans ; morts, respectez leur ombre:

  705. 705

    De l'Égypte adoptons l'utile préjugé,

  706. 706

    Qu'au jour de son trépas chaque auteur soit jugé ,

  707. 707

    Et si dans ses écrits il brava la Nature ,

  708. 708

    Que son nom soit l'effroi de la race future.

  709. 709

    Quand de mes jours la Parque éteindra le flambeau,

  710. 710

    Jeunes praticiens , venez sur mon tombeau,

  711. 711

    Venez , et si l'orgueil, l'Intérêt, l'imposture ,

  712. 712

    M'ont fait donner à l'art , bien plus qu'à la Nature,

  713. 713

    Si j'ai trompé mon siècle et la Postérité,

  714. 714

    Qu'on me voue au mépris que j'aurai mérité.

  715. 715

    Mais si j'ai terrassé la horde infanticide ,

  716. 716

    Si la massue en main , à l'exemple d'Alcide ,

  717. 717

    Des brigands de mon art, j'ai purgé l'Univers ,

  718. 718

    Qu'on honore ma tombe en y gravant ce vers ,

  719. 719

    _Sacombe à la Nature a consacré sa vie._

  720. 720

    Cet éloge flatteur et le seul que j'envie.

  721. 721

    De Levret aujourd'hui je m'érige en censeur ,

  722. 722

    Et serai peu surpris , qu'il trouve un défenseur.

  723. 723

    Je n'ai nul intérêt à flétrir sa mémoire ,

  724. 724

    D'autres en ont peut-être à défendre sa gloire.

  725. 725

    Si dans l'art didactique une noble clarté ,

  726. 726

    Doit caracteriser l'auguste Vérité ,

  727. 727

    Ou j'ai peu vu des cieux , cette fille ingénue ,

  728. 728

    Ou Levret à coup sûr , ne l'a jamais connue:

  729. 729

    De nuages épais sans cesse enveloppé ,

  730. 730

    De ce qu'il ne dit point, on le croit occupé,

  731. 731

    Il ignore , ou mesure, en mauvais géomètre ,

  732. 732

    Du détroit supérieur le double diamètre.

  733. 733

    De la culbute antique , heureux Restaurateur ,

  734. 734

    Du fétus à sept mois , il fait un grand sauteur ;

  735. 735

    Au centre du bassin , il place la matrice ,

  736. 736

    Et du corps vers son fond , met sa force expultrice ,

  737. 737

    Sur des riens tour-à-tour , ou prolixe ou diffus ,

  738. 738

    Tous ses écrits , de mots , sont un amas confus.

  739. 739

    La pratique en ses mains ne fut pas moins fatale.

  740. 740

    Dans Mauriceau , puisant une erreur capitale ,

  741. 741

    De l'enfant sans motifs , il va chercher les pieds.

  742. 742

    S'il nous eût dit combien d'enfans estropiés ,

  743. 743

    Dûrent à sa méthode une fin malheureuse ,

  744. 744

    Sa pratique aujourd'hui serait moins dangereuse.

  745. 745

    Mais la terre discrète en son sein ténébreux ,

  746. 746

    Dit Smellie , a caché ses essais trop nombreux.

  747. 747

    De ses fils le plus jeune , heureux fruit du Génie ,

  748. 748

    Qui de son père un jour eût servi la manie ,

  749. 749

    Qui sans doute à sa gloire eût mis le dernier sceau ,

  750. 750

    Son tire-téte helas ! mourut presque au berceau ,

  751. 751

    Mais le crochet à gaîne et le forceps son frère ,

  752. 752

    Surent le consoler d'une perte si chère ;

  753. 753

    Aussi jusqu'à la rage il les aima tous deux ,

  754. 754

    La Nature , à ses yeux , ne fut rien au prix d'eux ;

  755. 755

    Enfin , la Parque errait sur ses lèvres mourantes ,

  756. 756

    Qu'il les pressait encor de ses mains défaillantes.

  757. 757

    Le grand Levret n'est plus , exempte de remords ,

  758. 758

    Puisse son ame en paix reposer chez les morts !

  759. 759

    Mais parmi les vivans , son nom toujours sinistre ,

  760. 760

    Dira que de la Mort Levret fut le ministre.

  761. 761

    Cependant , ce Levret , charlatan avéré ,

  762. 762

    Était un Dieu puissant du sexe révéré ;

  763. 763

    La Nature aux abois , expirait sous sa plume.

  764. 764

    Nouveau Vulcain , son bras faisait gémir l'enclume ,

  765. 765

    Des Cyclopes sans nombre allumaient ses fournaux.

  766. 766

    Déjà Lucine en France avait mille arsenaux ;

  767. 767

    Enfin l'Art triomphait, lorsqu'un heureux Génie,

  768. 768

    De nos instrumenteurs vint guérir la manie.

  769. 769

    Génie observateur, esprit vaste et fécond ,

  770. 770

    Lumineux, méthodique, élégant et profond ,

  771. 771

    Petit parle, on se tait. Oracle en Médecine ,

  772. 772

    Il triomphe, et ses droits sont rendus à Lucine.

  773. 773

    Art heureux, si Petit, bienfaiteur des humains ,

  774. 774

    Eût daigné consacrer ses leçons par ses mains.

  775. 775

    Le fameux Rœderer , oracle en Germanie ,

  776. 776

    Des leviers , des crochets propageait la manie ,

  777. 777

    Avec peu de talens , il parcourt l'Univers ;

  778. 778

    Adoptant des auteurs les sentimens Divers,

  779. 779

    D'Edimbourg à Madrid et de Paris à Rome ,

  780. 780

    Il ne trouve , il n'admire, il ne voit qu'un grand homme

  781. 781

    Le grand Levret. Levret est la divinité,

  782. 782

    Qu'il adore et surpasse en inhumanité.

  783. 783

    Sigault l'une avec l'autre , a fait battre deux femmes ,

  784. 784

    Deux sœurs , qui se sont dit mille injures infames ,

  785. 785

    De dures vérités. Pourquoi ? Pour deux pubis.

  786. 786

    Qu'en est-il résulté? L'Europe a crié bis.

  787. 787

    White , Hunter , Younc , Cowper, hommes illustres ,

  788. 788

    L'art des accouchemens , fut, en moins de cinq lustres,

  789. 789

    Porté par vos talens vers la perfection ,

  790. 790

    Quand Paris, de tout temps , émule d'Albion ,

  791. 791

    Voit encor ses Docteurs , sous l'orgueilleuse Hermine ,

  792. 792

    Rougir de se vouër au culte de Lucine.

  793. 793

    Insensés !.... Trop heureux qui sert l'humanité ,

  794. 794

    Et d'un devoir si doux, sait tirer vanité.

  795. 795

    Cependant, du Génie usurpant le domaine ,

  796. 796

    Le charlatan en paix , détruit l'espèce humaine ,

  797. 797

    Met du noir sur du blanc et par des songes vains ,

  798. 798

    Pense obtenir un rang parmi les écrivains.

  799. 799

    Bartholo, d'une adresse, à nulle autre seconde ,

  800. 800

    Ayant fait par état , la barbe à tout le monde ,

  801. 801

    S'imagina la faire aux Docteurs de Madrid.

  802. 802

    Il quitte le rasoir , part de Valladolid.

  803. 803

    Avec de grands talens , un art, de l'industrie ,

  804. 804

    On n'est jamais , dit-il, prophète en sa patrie.

  805. 805

    Du Génie et du Goût , Madrid est le séjour ,

  806. 806

    C'est mon pays , j'y vole, et vingt cités un jour,

  807. 807

    Se disputant l'honneur , d'avoir vu ma naissance ,

  808. 808

    Me paîeront le tribut de leur reconnaissance.

  809. 809

    Chemin faisant , l'esprit rempli de son objet,

  810. 810

    *L'art de marcher*, dit-il , me paraît un sujet ,

  811. 811

    Neuf, heureux, et bien fait sous ma fertile plume ,

  812. 812

    Pour produire en un mois , un énorme volume ;

  813. 813

    Écrivons. Il écrit un livre en six traités ,

  814. 814

    Pour le style et le fond divinement traités.

  815. 815

    Bientot *l'Art de marcher*, fut le livre à la mode,

  816. 816

    Chacun se l'enviait , chacun trouvait commode ,

  817. 817

    D'apprendre à peu de frais , les six façons d'aller ,

  818. 818

    D'abord sur les deux mains , pieds et jambes en l'air :

  819. 819

    Sur quatre extrémités. Sur l'anus. La poitrine.

  820. 820

    Sur les genoux. Enfin , cette heureuse doctrine ,

  821. 821

    Exposait clairement, l'art d'apprendre aux enfans ,

  822. 822

    A marcher sans lisière, avant quinze ou seize ans.

  823. 823

    Un franc Cochinchinois , voyant que l'Ignorance ,

  824. 824

    De l'homme dans Madrid , éternisait l'enfance ,

  825. 825

    Aveugles Castillans , ne voyez-vous donc pas ,

  826. 826

    Dit-il, qu'un charlatan , enchaîne ici vos pas ?

  827. 827

    Étouffe la Raison et pousse l'Imposture ,

  828. 828

    Jusqu'à donner à l'art le pas sur la Nature ?

  829. 829

    Votre crédulité fait tout son vain savoir,

  830. 830

    En dessillant vos yeux, je remplis mon devoir.

  831. 831

    Le bon Cochinchinois, chez un peuple qui pense,

  832. 832

    Eût pour un tel bienfait reçu sa récompense,

  833. 833

    En Espagne, on le livre à l'inquisition,

  834. 834

    Le bûcher fut le prix d'une bonne action.

  835. 835

    *Mutato nomine*, de ton Traité barroque,

  836. 836

    *Narratur fabula*, Jean Louis Baudelocque.

  837. 837

    Rival de Bartholo, dans son *art de marcher*,

  838. 838

    Ta plume a degradé, *l'art heureux d'accoucher*.

  839. 839

    Grâce au Dieu des beaux-arts la horde fanatique,

  840. 840

    N'exerce plus en France, un pouvoir despotique ;

  841. 841

    Mais Lucine à Paris a ses Inquisiteurs,

  842. 842

    Et son *Auto-da-Fé* pour tous les bons auteurs.

  843. 843

    L'*Auto-da-Fé* n'est plus. Mais sous la tyrannie,

  844. 844

    De Maximilien, un infernal Génie,

  845. 845

    Des débris de Saint-Côme et de la Faculté,

  846. 846

    Sous le titre insolent d'*École de santé*,

  847. 847

    Parmi les échafauds et sous la guillotine,

  848. 848

    Un de nos Décemvirs, fonda la Médecine,

  849. 849

    Digne de son auteur, ce tribunal de sang,

  850. 850

    Fit ouvrir sans pitié quatorze fois le flanc,

  851. 851

    Dans le cours de quatre ans à quatorze victimes ;

  852. 852

    Consacra vingt plus sept meurtres illégitimes,

  853. 853

    Et de l'humanité ces tyrans ennemis,

  854. 854

    N'ont point été frappés du glaive de Thémis !

  855. 855

    Louis, je vais tout dire, il n'est rien que je craigne,

  856. 856

    Cette école homicide, effroi de votre règne,

  857. 857

    Assemblage odieux, de fourbes, de méchans,

  858. 858

    Qui de vos mains sans doute arracheront mes chants,

  859. 859

    De Maximilien est l'exécrable ouvrage ;

  860. 860

    A sa fille, en mourant, il a légué sa rage,

  861. 861

    Et pour digne Tuteur, il lui choisit Fourcroi,

  862. 862

    Des savans de son siècle et l'opprobre et l'effroi.

  863. 863

    La Postérité donc impartiale et juste

  864. 864

    N'imputera qu'à lui, non à vous, Prince Auguste,

  865. 865

    Les attentats passés que le Ciel va punir ;

  866. 866

    Mais vous répondrez seul, aux siècles à venir,

  867. 867

    Des attentats nouveaux qu'une Ecole barbare,

  868. 868

    Dans la nuit du silence, au nom de l'Art prépare,

  869. 869

    Pour prolonger encor le règne d'une erreur,

  870. 870

    Qui doit son existence aux siècles de terreur.

  871. 871

    Voyez-là repousser, par haine et par vengeance,

  872. 872

    Corvisard et Boyer de l'Institut de France,

  873. 873

    Après avoir jadis éloigné de son sein,

  874. 874

    Bichat l'honneur de l'Art, immortel médecin.

  875. 875

    Philistins orgueilleux, le ratelier de Suë

  876. 876

    Dans nos combats divers, me tient lieu de massue ;

  877. 877

    Plus de trois cents renards, ont ravagé vos champs,

  878. 878

    En y portant les feux allumés dans mes chants.

  879. 879

    Vengez-vous, Philistins, voici votre victime.

  880. 880

    La force en moi renaît. Ce sentiment intime,

  881. 881

    Du Géant des Hébreux, dont j'ai subi le sort,

  882. 882

    Me fait briguer enfin et la gloire et la mort.

  883. 883

    Aux colonnes d'airain, soutiens du beau portique,

  884. 884

    Monument précieux d'architecture antique,

  885. 885

    Dont Louis a fait don à vos derniers neveux,

  886. 886

    Charlatans déhontés, attachez mes cheveux.

  887. 887

    Déjà vous pâlissez. C'est sur votre ruine,

  888. 888

    Que le Samson Français basera sa doctrine,

  889. 889

    En vous écrasant tous, sous ce temple odieux,

  890. 890

    Il vengera son Roi, le beau Sexe et les Dieux.

English text

Alignment approximate; line numbers are not a verified source-to-translation map.

The God who unites the destiny of lovers,

Has two famous Temples for the bonds of Hymen,

One close to Amathus, is in those gentle climes,

That winter never sullied with its frosts.

Upon the walls of this Temple, Apelles, to the memory

Of fortunate spouses has consecrated the history.

Here, to snatch a husband from his fate,

Alcestis, without regret, devotes herself to death.

There, lovely Artemisia, a desolate wife,

Raises a mausoleum to conjugal love,

Whose magnificence attests to the Universe,

The vow to immortalize a tragic misfortune.

To the tomb of Mausolus, alas! ready to descend,

She swallows the ashes of a husband in deep draughts,

And extinguishing the torch of her own life,

She wishes her body to serve as his tomb.

Here, near the sea, not far from Sicyon,

The lover of Ceyx, the plaintive Alcyone,

Dares to brave Neptune and the wrathful waves,

To wrest from them the body of the dearest of husbands.

There, near proud Hector, one sees Laodamia,

Both wife and friend of the boldest of the Greeks,

Weeping for Protesilaus, stretched upon the sand,

The first to disembark upon the Trojan shore.

Orpheus appears here in the dark realms,

And demands Eurydice from the infernal shades.

Further on, it is Hypermnestra, at her tender farewells,

Appealing to the Gods in favor of Lynceus.

There, pompously adorned in rich attire,

Evadne, separated by death from a husband,

Braves the torments and flames of his pyre,

To unite in dying with the object of her vows.

Here is Eponina, led to the scaffold

For having managed to conceal a husband's flight,

And hide Sabinus from the conqueror's gaze,

Deep in a subterranean vault, Temple of true happiness.

There, besieged by Axiolin, Bassane

Surrenders. The Queen is outraged by his love;

Axiolin adores her, he falls at her knees;

Blanche, before his eyes, sacrifices herself to the manes of a husband.

Plautius, upon the death of an adored wife,

Stabs himself, and suddenly his tearful family

Stops him. Vain efforts, he tears open his side,

And loses, despite them, both his life and his blood.

Beneath the blade of a hero, conqueror of the Curiatii,

Unfortunate wife and sister of the three Horatii,

Albina falls and dies, invoking the Gods,

Avengers of marriage and of an odious crime.

United by Destiny to cowardly husbands,

More courageous than they, the wives of the Minyans,

Dare to clothe them in the garments of their sex,

And thus force them to leave the prisons.

Further on, the aged Gracchus, husband of Cornelia,

Embellished in his eyes by her rare virtues,

Dies to save the life of his tender half,

Whose age and charms arouse pity.

The daughter of Cato, worthy wife of the man

Who, still young, avenged the liberty of Rome;

Honor of the Roman name, the illustrious Porcia,

Whom death joined to Brutus, her husband,

To follow him to the tomb, hastening her funeral,

Drinks burning coals that consume her entrails;

More courageous, alas! by this kind of death,

Than Cato, whose sword ended his fate.

Finally, in the Forecourt of this august Temple,

One sees the illustrious example of conjugal Love.

Philemon and Baucis, transformed into elms,

Vie with each other to intertwine their branches;

They die, and despite the bark that presses them,

Their hearts seem still to palpitate with tenderness.

Consecrating their oaths in this happy asylum,

Love serves as witness and guide to the lovers.

The sweet sympathies of their mutual tastes,

Keep their souls matched unto the tomb,

And hymen, protector of Posterity,

Fulfills their chaste vows through fecundity.

Worthy daughter of the Heavens, honored by mortals,

On the banks of the Jordan formerly so revered,

Fecundity, you are born from the happy union

Of two healthy, diverse, loving temperaments.

Sovereign arbiter of all that breathes,

The air, the earth and the waters form your vast empire;

Night and day attentive to the happiness of humans,

The world at every instant emerges purer from your hands.

Death reaps everything on the earth and on the wave,

And you console the world for its misfortunes.

On the arid summit of a perpetually frozen mount,

The other Temple of hymen, I am told, is placed.

Of ill-matched bonds and unfaithful spouses,

The art of Euxis traced the most frightful models there.

There, by the Araxes, before the eyes of a frenzied husband,

The body of weeping Zenobia is swept away.

Here, the criminal wife of Agamemnon,

Swears to the guilty Aegisthus a more faithful love.

There, Phaedra, after the death of a too virtuous son,

Reveals to her husband her incestuous fires.

Further on, Semiramis follows Ninus to the tomb,

Struck by Ninyas she staggers and falls.

The widow of Laius, here upon a tomb,

Lights the torch of an execrable marriage.

From the ramparts of Ilion, the audacious Helen,

Follows Menelaus with her eyes, while on the plain,

Achilles, still sparkling with wrath,

Drags behind his chariot, the pale and bleeding body of Hector.

One sees, not without shuddering, still smoking with blood,

The perfidious lovers of the children of Aegyptus,

Who for having subscribed to the paternal command,

Suffer an eternal torment in Hell.

Secretly possessed by the Demon of rage,

The wife of Jason, the execrable Medea,

Yielding to the fits of her jealous transports,

Slaughters her children before the eyes of her husband.

Unfortunate children! Innocent victims!

Of ill-matched bonds, O too legitimate fruits!

For your fate at least do not accuse Jason,

But an infernal monster vomited into his house.

Of a monster more hideous, more cruel than Medea,

The wife of Jason brings back to my mind the idea,

To break the ill-matched bonds of marriage,

Riobon caused both her daughter and her son to perish.

This Temple where everything inspires both horror and fear,

Bears in all places the imprint of heavenly wrath,

Ambition, Pride, Interest are the Gods

Who, ceaselessly occupied with odious calculations,

There regulate the destiny of a thousand unfortunate women,

Dragged to the altar by cruel parents;

Love born without pride, Love born generous,

Who knows that greatness, that gold makes few happy,

Moans softly, seated at the door of the Temple.

More than one young bride on leaving contemplates him,

And smiles at him. Love slips by, and into her heart,

Before the eyes of an old husband, drives a conquering dart.

In concert with him, indignant Nature

At seeing herself disdained as a slave at the altars,

Abandons her fickle heart to infidelity,

And her still young heart to sterility.

Yes, sterility, so formidable a scourge,

Is the inevitable effect of poorly woven bonds.

As not every fertile soil is suited to every grain,

And as a farmer must know of the terrain,

Before sowing, how to distinguish the Nature,

The strength, the color, the fruits and the cultivation,

Thus marriage must always make a fortunate choice,

Of healthy temperaments, hot or cold as needed;

Consult therefore the laws of progeny,

Before sowing the field of Nature.

There is a fortunate art of matching spouses,

Which Lucina, in secret, confided only to us.

Come learn to choose, worthy head of the family,

A wife for your son, a husband for your daughter;

Be docile, and heaven, soon fulfilling your wishes,

Will deign to grant you countless descendants.

Do you wish your pregnant daughter to give birth after nine months?

According to her wishes, adopt for your son-in-law

A young man with a fresh complexion, a handsome dark-haired man with a long nose,

Whose thick eyebrows drawn in a double arch,

Shadow two black eyes, rolling beneath the eyelid,

Which, rivals of the sun, confront the light,

Whose voice and manly air attest to vigor.

But flee these Fops with eyes full of languor,

These Lindors, so common in the century in which we live,

Whose effeminate air makes one doubt if they are men;

Who, guitar in hand, to languorous tunes,

Exhaust themselves singing their amorous delirium,

And the fires by which their soul is in vain consumed;

Will-o'-the-wisps which suddenly exhale into smoke,

When too credulous hymen, granting their desires,

Blushes at their weakness in the bosom of true pleasures.

Yet we see within the very heart of cities,

Fewer impotent husbands, than sterile wives;

Either too much dryness, or too much humidity,

Often harms, in the sex, fecundity.

Excessive heat, or lymphatic humor,

Stifle in her womb the prolific liquor.

The hot bath, exercise and sobriety,

Have often triumphed over sterility.

Make choice therefore of a Daughter-in-law young, lively and pretty,

Let the fire of love sparkle in her brilliant eyes,

Let her be sober, svelte and groan not,

In her short bulk, under the excess of stoutness.

Especially that every month Diana and Nature,

With pure and vermilion blood redden the belt,

Which veils the nudity of the secret charms.

This sign is the guarantor of fecundity.

It is little for two spouses not to be sterile,

Their approaches often can be useless;

Then, restoring the course of their humors,

Art, can offer to Nature happy succor.

A famous woman, among illustrious Kings,

Queen Médicis, for more than two lustrums,

Could not have children. However, the Dauphin

Was not impotent. This is known. But finally,

Losing all hope of having offspring,

Henri was about to purge France of an impure monster,

When the Learned Fernel, regarding her sterility,

Was consulted one day by the Royal couple.

Doctor, Henri said to him, command Nature

To grant offspring to our wishes,

And taking some pity on an august Race,

Make a little Valois for my tender half.

Prince, replied Fernel, it is up to you to do it,

Too happy if my art has, to satisfy you,

An effective means suited to assist

The instant, the happy method that must fecundate her.

Médicis to her regret, until then unfruitful,

Thanks to the Learned Fernel, brought five children into the world.

Charles the Ninth owed his birth to this rare blessing,

Which for humanity was to be a crime.

Médicis, to the Doctor, with gratitude,

Bought the birth of each of her sons,

Ten good thousand gold crowns given without any regret.

Can one pay too dearly for so rare a secret?

However, each author has, regarding this adventure,

Founded his conjecture according to his prejudices.

One thinks that Fernel, through very prompt assistance,

Managed to reestablish the course of her suppressed *Menses*.

Another believes that a salutary piece of advice to the Dauphin,

Taught the propitious instant for the amorous mystery.

Finally, some authors have believed without foundation,

That Henri saw Médicis during the flow.

Women, who desire offspring,

During the course of the *Mois* respect Nature;

The son of Jupiter, Vulcan, thus conceived,

Came into the world impotent, legless, and hunchbacked.

Between his protruding back and his shapeless chest,

Upon his short and thick neck, moves his enormous head.

From his weeping eyes, surrounded by wax,

Flow two streams which, skirting the nose,

Run parallel to lose themselves in the mouth.

His ever-whistling nose, full of humor that blocks it,

Elongates, and curving into a parrot's beak,

Falls upon his cleft chin like a latch.

From one ear to the other, an infernal cavern,

His mouth upon opening offers the image of Avernus,

An impure gulf, whose thick and black exhalation

Changes the air he breathes into a mortal poison;

Gives the enamel of his teeth a yellow tint,

And paints in ebony black a tongue an ell long.

From two emaciated arms hang ten hooked fingers.

His trunk has for support two flat and cloven feet.

Of Vulcan's portrait this is the faithful sketch.

Jupiter, at the sight of this hideous model,

Knits his black brows. Son unworthy of the day,

Dishonor the celestial abode no longer,

He says, and without pity, the Master of thunder,

Suddenly from the heights of heaven hurls him to the earth.

This unfortunate child, crippled, maimed,

Within the flanks of Etna drags himself upon one foot.

Blacksmith of Olympus, at Lemnos, at Lipari,

He sells to Jupiter the thunderbolts he prepares,

And sells yet dearer, to unfortunate humans,

The *Forceps*, the hooks, works of his hands,

That Levret transmitted to his inhuman sect,

To populate the vast and black domain of the underworld.

However, this Vulcan, a worthy object of contempt,

By his deformity, was the husband of Cypris.

Venus then held her empire in Cythera,

And alone presided there over the amorous mystery;

The mischievous little God, Intendant of her court,

And King of the Universe, had not yet seen the light of day.

The Pleasures, the Attractions, the Games, the Laughters, the Graces,

Accompanied the footsteps of the daughter of the wave,

Paris awarded her the prize of Beauty;

Juno, lowering her pride to entreaty,

To please Jupiter by her rich attire,

One day borrowed the girdle from her rival;

All the Gods placed their happiness in marrying her,

But Vulcan alone obtained this dangerous honor.

Woe to any Vulcan, of a somber and jealous mood

Foolish enough to choose Beauty for a wife.

For her husband Venus had so much aversion,

That she satisfied the ardent passion of Mars.

From Venus and the God who presides over war

Was born Love, Tyrant of heaven and earth,

And who, establishing his rights even over the Gods,

Recognizes shepherds and Kings as subjects.

Vulcan, who surprised them, would have done better to keep silent,

Instead of publishing this adulterous love,

At which the satisfied Gods laughed at his expense,

Which since has made husbands more prudent.

Surly Vulcans! the same is in store for you;

Do not be jealous, or fear the like.

Women, consider it then. The greatest of sorrows,

For a tender mother is to have Vulcans.

Ah! what rights do you have to the gratitude

Of a child who curses the day of his birth,

And who, by his weakness and his infirmities,

Adds still more to the weight of our calamities.

Ah! fear lest, abjuring the tenderness of blood,

This too unfortunate fruit of an amorous intoxication,

The unfortunate plaything of his fellow citizens,

Should one day punish you for the misfortune of being born.

Thus, to avenge himself for a far from prosperous fate,

Vulcan dared to serve the wrath of his father.

Of the children of Titan, armed against the Heavens,

Vulcan had flattered the ambitious pride.

Jupiter exterminated the race of Giants,

And wishing to humiliate the audacity of a wife,

Her arms laden with irons and deaf to pity,

He suspends his perfidious half in the air.

Vulcan, to avenge himself for his extreme ugliness,

Forged her golden chains and riveted them himself.

The most propitious days for conception,

Are the eight that follow the eruption of the *Menses*.

First, the womb, lightened of impure blood,

Has much more resilience, relieved of such a weight;

Furthermore, in this state, the fecundated embryo,

Is much better supported in its growth.

However, beware of believing in the Imposture,

That claims to subject Nature to its laws.

Children of prejudice, overly credulous minds,

Victims of an error worthy of your contempt,

Far from outraging Heaven with sacrilegious vows,

Laugh at enchanters and their spells.

The rigorous decrees of infernal spirits,

Cannot *enchant* a vigorous husband,

Who, proud of his conquest and full of her image,

Comes to the God of Hymen to offer a pure homage.

The ravishing charms of a young Beauty

Would render the charms of Beelzebub powerless.

An old husband, without strength beside his conquest,

First invented the knots of the aiguillette,

And by a vain subterfuge toward his young half,

Wished to inspire pity in his favor.

Sensitive to his misfortune, his credulous companion

Goes to strip the countryside of Saint John's wort,

Mixes it with Rue, and paints her whole manor,

With the fat of bear, wolf, and black dog.

At the four feet of the bed, invoking Hercules,

Her hand hangs a young rooster's testicle,

And pronounces seven times, fourteen words written,

With the blood of a doe and a bat.

But ashamed to abuse conjugal faith,

Old Tithonus consents to be changed into a cicada.

I recognize, he says, too late, that Beauty

Rightly demands strength and health.

Respectable old men, if your heart harbors,

Some faint spark of your poorly extinguished fires,

Do not go to relight the torch of Hymen,

Your nuptial bed would be your tomb.

And you, deplorable victims of self-interest,

Blush to burn with illegitimate fires.

Shame follows crime, and always contempt,

Remorse, misfortune are its worthy price.

If at least, you say, against all appearances,

The flattering hope of one day being mothers.....!

Do you wish to be? Well then! it will depend only on you.

Juno, without the help of her august husband,

But not without astonishing him, Juno, chaste and fertile,

To his beard, to his nose, brought the God Mars into the world.

Impartiality is the sister of history.

In this contest of children, Jove was the aggressor;

It must be admitted, and many an honest wife,

Perhaps in such a case would have been more jealous.

Jove, by an admirable and novel prodigy,

Had drawn Pallas from his fertile brain.

Vulcan, with a blow of an axe, in this conjuncture,

Breaking every suture of the paternal skull,

Of the pubes, for Sigaud, more cunning than inhuman,

Unwittingly opened the dangerous path.

Juno, who knew how and where one gives birth,

Thought that a rival had defiled her bed.

Vengeance, they say, is the pleasure of the Gods,

But without tarnishing the brilliance of her radiant brow,

How to take vengeance on Jupiter? She goes to find Flora.

Grant to my wishes the favor that I implore,

Goddess, she said to her... A favor, just command,

With countless flowers, here, your fields are crowned,

Each has its virtues. Does there exist one

Whose property, doubtless uncommon,

Could without other help make me conceive?

Queen of the skies, said Flora, it is in my power

To fulfill your wishes. Go to the fields of Olenus,

At sunset. There, good old Silenus,

To whom I have entrusted the care of this flower,

Will have you touch it, and its gentle heat,

By an unknown charm, by a magic power,

Will suddenly transmit to you its prolific virtue.

Juno departs. The sun, into the bosom of Thetis,

Had hidden the brilliance of his dampened fires.

She arrives. Silenus receives her in his field;

Juno presses the flower with her fingers, and conceives.

Thus to avenge herself upon the Master of Thunder,

Juno single-handedly brought forth Mars, the God of War.

Monster, who feast on carnage and blood,

Tiger, who smile at us while piercing our flank,

Cherished Divinity of the Plunderers,

Tell me then what crimes my country has committed,

That your frenzied arm, beneath an assassin's sword,

Takes pleasure for twenty years in tearing its breast?

Is it then not enough that frightful Anarchy,

Upon the ruins of the throne and the Monarchy,

Organizing murder with impunity,

Has made, in the name of the laws, humanity shudder?

See these monsters gorged with blood and plunder,

Insult France, seated upon her ruins,

And doom to death all those who, of Brutus,

Refuse to imitate the fierce virtues.

Do you want blood? Ah! well, worthy prop of his glory,

Go second Carrier on the banks of the Loire.

Protector of an executioner, from the brow of our warriors,

Detach, blushing, some feeble laurels.

I will see, for the honor of my sad Country,

The Fine Arts reborn, whose glory is withered,

And France, in spite of you, of your dark deeds,

Will taste the sweets of eternal peace.

But what am I doing? Where does it lead me astray, O sex that I adore!

This too just outburst against a God whom I abhor?

Of the magical flower that fecundated Juno,

Women, blushing, do you ask the name?

At sunset, go to the fields of Olenus,

To ask it in a whisper of the good man Silenus,

As for me, without knowing its name, or its color,

I believe that a beautiful Narcissus is this happy flower.

But what am I saying? what good is flying to the fields of Olena,

To steal his secret from the good fellow Silenus,

When the sex faithful to virginity,

Can gather the sweet fruits of maternity.

The great Thomas Aquinas, celestial denizen,

That eagle of the Doctors, that Angel of the school,

So fruitful in writings, dictated by the Holy Spirit,

In his eternal *Summa* among other truths,

Tells us ingenuously that in the state of innocence,

Woman conceived alone and by the influence,

Of the spirit which the imagination inflamed,

But, that after the sin, generation

Required the concurrence of women and men,

That God to punish us made us as we are.

However, at Grenoble, a solemn decree,

Gives this holy Doctor a formal contradiction.

By decree of the Court, the Lady of Aiguemère,

Of a legitimate child was well and duly mother,

Although her dear husband, a rich and loyal Lord,

Absent for four years could not be its author.

From this famous trial I extract, in pure summary,

The deposition of the Lady Aiguemère.

In the month of June, prey to the heat of the day,

I return at midnight to my rustic abode;

Of a husband, tender object of my solicitude,

The memory at first charms my solitude,

But soon experiencing the torments of absence,

Truth gives way to the error of a moment.

I go to bed. A single sheet my simple covering,

Wandered over my knees, floated at random.

Soon Morpheus, shaking his poppies over me,

I tasted the sweetness of a peaceful rest.

I dreamed of Aiguemère. A dream is a lie,

Yet this time I was happy in a dream,

Since a dream never had a sweeter outcome.

My window left free access to the zephyrs,

Assisted in my dreaming by their amorous breath,

In the arms of a husband I feel myself impregnated.

The Lady paid dearly for a moment of happiness,

Two monsters in court attacking her honor,

And denying that one could make a child by thought,

Vie in treating her as a whore, as a madwoman;

But the Senate, avenging her reputation,

Destroys this imputation by a decree.

The two accusers are declared infamous,

And the Lady of the zephyrs the most chaste of women.

To the amorous zephyrs, rivals of your husbands,

Close your shutters, Lucretias of Paris;

The libertine zephyrs, in the very bosom of the Graces,

Often leave traces of their playful games;

The child takes after its mother, and it is known that Chloris

Was, in the games of Love, the rival of Cypris.

Chloris had Beauty and the Graces as her portion,

That is not all; to this double advantage,

Fortune had joined the treasures of Plutus,

And these gifts served Chloris in lieu of virtues,

Ornaments of the fair sex and guarantors of its glory.

Yet the Senate consecrated her memory;

Heir to her wealth and her revenues,

It placed the earthly Venus in the ranks of the Gods,

And under the name of Flora, lover of Zephyr,

Chloris, Queen of flowers, obtained a vast empire,

While her children, in a hundred diverse climes,

In their playful games fecundate the Universe.

But let us leave the zephyrs and their futile loves,

A thousand times less useful to the progress of my art,

Than so many other curious, important objects,

From which my Muse has already stolen too many moments.

The proud Titans, fierce children of the earth,

One day declared war on Jupiter.

Suddenly these scoundrels, audacious Giants,

Piling mountains upon mountains, scale the heavens.

Jupiter, like a madman, laughs from the heights of Olympus,

To see Cacus climbing, who falls down and climbs anew.

Anceladus, Aegaeon, fierce in combat,

Who make Ossa and Pelion fly in his face.

When, forcing a path through the air,

Typhoeus, man and serpent, cleaves the celestial vault,

And with his enormous head terrifies the Gods,

Who, without taking leave, without making their farewells,

In the excess of their fear, incapable of fighting,

Leave Typhoeus in heaven to wreak havoc,

And of the valiant Bacchus, unworthy companions,

Go to inhabit the onions of happy Egypt.

Jove, says Evohe, your troupe is moving out,

Take heed, and this is no longer a joke;

Show these scoundrels that your Divinity

Is never insulted with impunity.

He speaks: at the same instant the Master of thunder,

Indignant at the combat of the children of the earth,

Thunders, rumbles, and his thunderbolt, amidst the flashes,

Flies, reaches, strikes, fells the Giants in the air.

They roll. With them roll into the countryside,

A thousand smoking rocks, a thousand enormous mountains,

Which of the vanquished Titans, piled one upon another,

Drag with them the scattered limbs.

The Almighty, the God whom every Christian reveres,

Showed himself less severe toward the sons of Noah,

When, fortunate inhabitants of a new world,

They were seen foolishly imitating the Titans,

And building a Tower whose proud summit

Was meant to forge the perilous path to heaven.

God, who sees the senseless projects of humans,

Suddenly rendered their commenced labors vain;

Each of them forgetting his mother tongue,

Spoke without suspecting it a new language,

And despite a thousand efforts, a thousand superfluous cares,

They harmed one another and no longer understood each other.

Thus Babel, object of their foolish hope,

Became a monument of pride and ignorance.

In this Nature imitates her Author,

When, elevating the height of the simplest art,

A murderous horde of ignorant accoucheurs,

Wishes to subject Genius and Lucine to its laws,

Nature takes her revenge by rendering their cares vain,

And leads these writers from error to error;

They no longer understand one another, and their learned lies,

Examined closely, are but happy dreams.

Apollo, who formerly, beneath their smoky caverns,

Swallowed up those Giants, those famous Cyclopes,

Blacksmiths of Vulcan, artisans of the thunderbolt,

Whose vengeful bursts had reduced to dust

Aesculapius, that son, so dear to your love,

Who restored Hippolytus to the light of day,

For the honor of your art, God of Medicine,

Apollo, avenge at last Nature and Lucine,

Swallow up these Vulcans, these new Cyclopes,

Audacious rivals of the sons of Polyphemus;

And if to punish you for it, the Master of thunder,

Banishes you a second time to earth,

Do not go hiding anymore on Thessalian shores,

Come help me tame the proud Césariens,

In ancient Lutetia, wreaking their havoc,

Purge these shores at last of these cruel tigers;

Come from the happy company of the nine learned sisters,

To teach us to taste the peaceful delights,

And console at last the children of Genius,

Who maintain the harmony of arts and morals.

Friends of Nature and of Truth,

You, whose names passed down to Posterity,

Will be respectfully consecrated by history,

We come into this temple, haven of glory,

To meditate at your feet on your sublime writings;

May your genius set our minds ablaze!

Adore Hippocrates, pupils of Lucina.

Oracle in Surgery, oracle in Medicine,

He laid the first foundations of your art,

And drew from chaos the art of childbirth.

It is true that he committed a capital error,

Which was to science, to the sex very fatal.

Hippocrates admits only a single childbirth

As natural. When the head, before birth,

He tells us, presents itself at the neck of the womb,

And the sinciput dilates the orifice.

It is an error; and Celsus teaches that without danger,

Children can be delivered by the feet.

Always a faithful interpreter of Nature,

Paul-d'Egyne, after him, surpassed his model.

Prudent, judicious, learned observer;

He tore the mask from the impostor's brow;

Banished the formidable apparatus of instruments,

And returned *labor* to the hands of an amiable sex:

He had enemies, but profound knowledge,

Virtue, talents are made to have them.

Rhodion in turn imitated Paul-d'Egyne.

This celebrated Physician, German by origin,

Knew, practiced the art, enriched it with a Treatise

Full of precision and order and clarity.

Spasm, *labor*, hemorrhage, the afterbirth,

The dead fétus are thoroughly treated in his book.

Moschion more exact in his descriptions,

Depicts the positions of the woman in *labor*;

Moreover, meditating on his sublime doctrine,

One believes one is reading at once Rhodion, Paul-d'Egine.

Albucasis.... Ah! Gods, I feel my heart shudder;

I hear humanity groan at his name alone.

Celsus, as Master of the art, directed its study;

He fixes the attitude of women in *labor*.

Already a born unfortunate partisan of the hook,

At least he forbids its too dangerous abuse.

He teaches to carry with a protective hand,

The perfidious instrument to the bottom of the womb,

To respect its edges, an inevitable reef,

By seizing the child by the mouth or by the eye.

Avicenna applied a ligature to the fétus,

And *forceps* in hand tormented Nature.

Mauriceau deserved his reputation,

By dint of forging he became a blacksmith;

As a very adroit rogue he practiced Medicine,

And his fortunate thefts enriched Lucine.

But Posterity does not forgive him

For having delivered without shame, to the scythe of death,

A woman in labor to punish Chamberleyne,

For having believed himself more cunning than a fox of the Seine.

His works in my eyes have no less value for it,

But I have for their author a sovereign contempt;

Mauriceau all covered with the blood of his victim,

Terrifies me, and will never obtain my esteem.

Paul-Portal, true, naive, and without pretensions,

Has not enriched the Art by his inventions.

But I esteem an Author who, modest and sincere,

Tells me what he has done and not what must be done.

Peän followed Nature, and a true practitioner,

Did not treat Lucina like a mechanic.

Let us await, he said, her orders in silence,

Let us await, for gentleness accomplishes more than violence.

Amand, by his errors, sells the truth dearly,

But why judge him with severity?

The brightest star always has some blemish,

Truth always hides at the bottom of the well.

He broke the hooks with his powerful hands,

And never employed inhuman means.

Deventer saw everywhere an oblique womb,

And his vain phantom was his sole obstacle.

One might say he wrote his work while dreaming.

He is Don Quixote armed against a windmill.

Viardel wrote a book, and without wishing to speak ill,

To the students of the Art it should be forbidden;

He is indeed a dangerous Author for them.

Doctor Ranchéri is no greater a dotard;

Ah! how well he knew vulgar foolishness,

This priceless Author of *Erreurs Populaires*.

Thus among fools he holds a high rank,

Of Immortality this masterpiece is the guarantor.

Too happy if, always in love with himself,

Narcissus, he had not committed an extreme imprudence,

Of maliciously attacking one who said nothing to him,

And who laughs at him, the ANTI-CÉSARIEN.

Viardel says that a monster is a fatal effect,

Of the crimes of mortals and of celestial wrath.

He fixed the epoch when secret springs,

By invisible knots, unite the soul to the body.

An unchivalrous Accoucheur, he thinks and says that the soul

Is slower to germinate in the body of the woman.

According to the opinion of this learned Doctor,

The child lives at seven months, and cannot live at eight.

If he is to be believed, with art, by his protective hand,

Without any danger, from the body, he extracts the womb.

In reading his work one is not a little surprised,

That this man was celebrated in Paris....

Why be astonished by it? is it such a great miracle?

Baudelocque, in Paris, was once an Oracle.

What did he do? much harm. What did he know? nothing, nothing.

But he was scheming, rich, and a Césarien.

Lamotte, skillful, adroit, endowed with intelligence,

In compiling the facts, showed too much negligence,

Or perhaps time did not permit him

To paint Nature with all her charms.

Ould, learned in his art, with the eye of Genius,

Applied the compass of Urania to the pelvis,

Fixed its extent, and this first step taken,

Was for Art a prodigy and for man a boon.

Mesnard, wise and faithful guide of accoucheurs,

Is not of Writers the most perfect model.

Astruc, a brilliant star, appears on the horizon,

And brings back with him the day of reason,

Protector of the fair sex, he instructs and encourages it,

And seeks to avenge it against a sex that outrages it.

Clément owed to chance his popularity and his standing,

He enriched the art less than the art enriched him.

Accoucheur of the Laïses, in spite of Lucina,

Clément made a fortune where..... many a lover is ruined.

Puzos, carefully edited by Morizot,

Offers us a useful abridgment of his art.

Smellie, aided by Ould, describes and demonstrates as a master,

The straits of the pelvis and each diameter,

But Jouhson his disciple, across the pelvis,

Follows the fétus in vain on its path out of the womb;

And yet Smellie had little renown;

His practice, esteemed by learned accoucheurs,

Had few supporters in his ungrateful homeland.

The mechanics without genius, artisans,

Jealous of his talents, dreading as a model

A faithful slave of simple Nature,

Belittled his practice in the eyes of the ignorant,

And thus closed off to him all access to the great.

Your rivals are no more, O Smellie! and history,

Which engraved your writings in the Temple of Memory,

Has not deigned to transmit, to the centuries to come,

The name of those Intruders whom oblivion must punish.

Levret, born without talents, owed everything to fortune,

Whom the sight of a scholar disconcerts and annoys,

And who, by a caprice common in Paris,

Chooses her favorites among the ignorant.

By what right, into the tomb where his ashes rest,

Do you seek to descend, to disturb it thus?

By what right? By that which Posterity possesses,

To avenge the affronts dealt to Truth.

Do you wish to multiply the number of Intruders?

Reward them well while living; dead, respect their shade:

Let us adopt the useful custom of Egypt,

That on the day of his passing each author be judged,

And if in his writings he defied Nature,

May his name be the terror of the future race.

When the Fate extinguishes the torch of my days,

Young practitioners, come to my tomb,

Come, and if pride, Interest, or imposture,

Have made me concede to art, much more than to Nature,

If I have deceived my century and Posterity,

Let me be consigned to the contempt I shall have deserved.

But if I have struck down the infanticidal horde,

If, club in hand, following the example of Alcides,

I have purged the Universe of the brigands of my art,

Let my tomb be honored by engraving upon it this verse,

_Sacombe to Nature consecrated his life._

This flattering eulogy is the only one I envy.

Of Levret today I set myself up as censor,

And shall be little surprised, should he find a defender.

I have no interest in tarnishing his memory,

Others, perhaps, have some in defending his glory.

If in the didactic art a noble clarity,

Must characterize august Truth,

Either I have scarcely seen that ingenuous daughter of the heavens,

Or Levret, to be sure, never knew her:

Constantly enveloped by thick clouds,

He is thought to be occupied with what he does not say,

He is ignorant of, or measures, like a poor geometer,

The double diameter of the superior strait.

Happy Restorer of the ancient somersault,

Of the seven-month fétus, he makes a great jumper;

In the center of the pelvis, he places the womb,

And from the body toward its fundus, sets its expulsive force,

On trifles in turn, either prolix or diffuse,

All his writings are a confused mass of words.

The practice in his hands was no less fatal.

Drawing a capital error from Mauriceau,

Without reason, he goes searching for the infant's feet.

If he had told us how many crippled children

Owed a wretched end to his method,

His practice today would be less dangerous.

But the discreet earth in its dark bosom,

Says Smellie, has hidden his too numerous trials.

The youngest of his sons, happy fruit of Genius,

Who one day would have served his father's mania,

Who undoubtedly would have put the final seal on his glory,

His tire-téte, alas! died almost in the cradle,

But the sheathed hook and the forceps its brother,

Managed to console him for so dear a loss;

Thus to the point of madness he loved them both,

Nature, in his eyes, was nothing compared to them;

Finally, as Fate hovered on his dying lips,

He still pressed them in his failing hands.

The great Levret is no more; free from remorse,

May his soul rest in peace among the dead!

But among the living, his ever-sinister name,

Will say that Levret was the minister of Death.

However, this Levret, a proven charlatan,

Was a powerful God revered by the sex;

Nature at bay, expired beneath his pen.

A new Vulcan, his arm made the anvil groan,

Countless Cyclopes were lighting his furnaces.

Already Lucine had a thousand arsenals in France;

At last Art triumphed, when a happy Genius,

Came to cure the mania of our instrument-wielders.

Observant genius, vast and fertile mind,

Luminous, methodical, elegant and profound,

Petit speaks, one falls silent. Oracle in Medicine,

He triumphs, and her rights are restored to Lucine.

Happy art, if Petit, benefactor of humans,

Had deigned to consecrate his lessons with his hands.

The famous Rœderer, oracle in Germania,

Propagated the mania for levers and hooks;

With few talents, he travels the Universe;

Adopting the Diverse sentiments of authors,

From Edinburgh to Madrid and from Paris to Rome,

He finds, he admires, he sees but one great man

The great Levret. Levret is the divinity,

Whom he worships and surpasses in inhumanity.

Sigault made two women fight with each other,

Two sisters, who exchanged a thousand infamous insults,

Harsh truths. Why? Over two pubes.

What resulted from it? Europe cried encore.

White, Hunter, Younc, Cowper, illustrious men,

The art of childbirth was, in less than five lustrums,

Carried by your talents toward perfection,

When Paris, at all times emulator of Albion,

Still sees its Doctors, beneath the proud Ermine,

Blush to devote themselves to the cult of Lucine.

Fools!.... Too happy is he who serves humanity,

And from so sweet a duty, knows how to derive vanity.

Meanwhile, usurping the domain of Genius,

The charlatan in peace destroys the human species,

Puts black on white and through vain dreams,

Thinks to obtain a rank among writers.

Bartholo, of a skill second to none,

Having by his trade shaved everyone,

Imagined shaving the Doctors of Madrid.

He leaves the razor, departs from Valladolid.

With great talents, an art, industry,

One is never, he says, a prophet in his own country.

Madrid is the abode of Genius and Taste,

It is my country, I fly there, and twenty cities one day,

Disputing the honor of having seen my birth,

Will pay me the tribute of their gratitude.

Along the way, his mind filled with his object,

*The art of walking*, he says, seems to me a subject,

New, fortunate, and well-suited under my fertile pen,

To produce in a month an enormous volume;

Let us write. He writes a book in six treatises,

Divinely treated as to style and substance.

Soon *the Art of walking* was the fashionable book,

Everyone coveted it, everyone found it convenient,

To learn at little cost the six ways of moving,

First on the two hands, feet and legs in the air:

On four extremities. On the anus. The chest.

On the knees. Finally, this happy doctrine,

Clearly expounded the art of teaching children,

To walk without leading-strings, before fifteen or sixteen years of age.

A frank Cochinchinese, seeing that Ignorance,

Of man in Madrid, was eternalizing childhood,

Blind Castilians, do you not see then,

He said, that a charlatan here chains your steps?

Stifles Reason and pushes Imposture,

To the point of giving art precedence over Nature?

Your credulity makes up all his vain knowledge,

In opening your eyes, I fulfill my duty.

The good Cochinchinese, among a thinking people,

Would have received his reward for such a benefaction,

In Spain, he is handed over to the Inquisition,

The stake was the price of a good deed.

*Mutato nomine*, of your baroque Treatise,

*Narratur fabula*, Jean Louis Baudelocque.

Rival of Bartholo, in his *art of walking*,

Your pen has degraded, *the happy art of childbirth*.

Thanks to the God of the fine arts the fanatical horde,

No longer exercises in France, a despotic power;

But Lucina in Paris has her Inquisitors,

And her *Auto-da-Fé* for all the good authors.

The *Auto-da-Fé* is no more. But under the tyranny,

Of Maximilien, an infernal Genius,

From the ruins of Saint-Côme and of the Faculty,

Under the insolent title of *École de santé*,

Among the scaffolds and beneath the guillotine,

One of our Decemvirs, founded Medicine,

Worthy of its author, this tribunal of blood,

Had the flank opened without pity fourteen times,

In the course of four years upon fourteen victims;

Consecrated twenty plus seven illegitimate murders,

And these tyrants, enemies of humanity,

Have not been struck by the sword of Themis!

Louis, I shall tell all, there is nothing I fear,

This homicidal school, the terror of your reign,

Odious assemblage, of rogues, of wicked men,

Who will doubtless snatch my songs from your hands,

Is the execrable work of Maximilien;

To his daughter, in dying, he bequeathed his rage,

And for a worthy Guardian, he chose Fourcroi for her,

Both the disgrace and the terror of the scholars of his century.

Posterity, therefore, impartial and just,

Will impute only to him, not to you, August Prince,

The past outrages that Heaven will punish;

But you alone will answer, to the centuries to come,

For the new outrages that a barbarous School,

In the night of silence, in the name of the Art, prepares,

To prolong once more the reign of an error,

Which owes its existence to the centuries of terror.

See it repel, through hatred and vengeance,

Corvisard and Boyer from the Institut de France,

After having formerly alienated from its bosom,

Bichat, the honor of the Art, immortal physician.

Proud Philistines, the jawbone of Suë

In our various combats, serves me as a club;

More than three hundred foxes have ravaged your fields,

By carrying there the fires lit in my songs.

Avenge yourselves, Philistines, here is your victim.

Strength is reborn in me. This intimate feeling,

Of the Giant of the Hebrews, whose fate I have suffered,

Makes me seek at last both glory and death.

To the brazen columns, supports of the beautiful portico,

Precious monument of ancient architecture,

Which Louis donated to your latest descendants,

Shameless charlatans, tie my hair.

Already you turn pale. It is upon your ruin,

That the French Samson will base his doctrine,

By crushing you all, under this odious temple,

He will avenge his King, the fair Sex, and the Gods.