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Historical poem record

CHANT QUATRIÈME.

MUSE, avant de semer dans les champs de Lucine,

EnglishMUSE, before sowing in the fields of Lucina, Deign to permit at least that my hand uproot

Language
French
Date
19th century
Meter
alexandrine
Editorial status
Source-attested
Text
Source and English

Unit 1 · poem · alexandrine · 896 lines

French

Source text

  1. 1

    MUSE, avant de semer dans les champs de Lucine,

  2. 2

    Daigne permettre au moins que ma main déracine

  3. 3

    Les préjugés nombreux, les funestes abus,

  4. 4

    Dont la Routine et l'art à la fois sont imbus.

  5. 5

    Tel, avant de semer, l'agriculteur habile

  6. 6

    Arrache et l'herbe épaisse et le *grament* débile,

  7. 7

    Dont la graine féconde épuise le terrein,

  8. 8

    Dont l'ombre parasite étouffe le bon grain.

  9. 9

    Il est moins de rubis dans les champs de Golconde,

  10. 10

    En poissons, en coraux la mer est moins féconde,

  11. 11

    Que l'art n'est de nos jours fertile en préjugés :

  12. 12

    Je combats les plus forts, écoutez et jugez.

  13. 13

    Fille ignoble du Temps et de la Nonchalence,

  14. 14

    Sans talens, sans esprit, mais riche en insolence,

  15. 15

    Divinité des sots, qui leur dis tous les jours,

  16. 16

    Qu'il n'est rien de bien fait, que ce qu'on fit toujours ;

  17. 17

    Toi, dont l'aveuglement est tel, que ta paupière,

  18. 18

    Du flambeau du Génie abhorre la lumière.

  19. 19

    Routine, en ce moment, c'est à toi que j'en veux ;

  20. 20

    Renverser ton empire est l'objet de mes vœux.

  21. 21

    La Routine, à ses fils dit et redit sans cesse,

  22. 22

    Qu'on saigne à quatre mois et demi de grossesse,

  23. 23

    Assez souvent à trois et quelquefois à sept.

  24. 24

    Ce préjugé vulgaire est funeste, on le sait.

  25. 25

    Mais ce qu'on ne sait pas, ce que ne peut comprendre

  26. 26

    L'accoucheur Routinier qui ne veut rien apprendre,

  27. 27

    C'est que la femme enceinte a toujours moins de sang,

  28. 28

    Qu'il n'en faut pour nourrir le fétus dans le flanc.

  29. 29

    Lobb a sur ce sujet répandu la lumière.

  30. 30

    Le sang des *Mois* , dit-il , ou matière première

  31. 31

    De la nutrition , en neuf mois retenu ,

  32. 32

    Pèse moins que l'enfant dans le sein contenu.

  33. 33

    Ce sang ne peut donc seul fournir sa subsistance ;

  34. 34

    La mère le nourrit de sa propre substance.

  35. 35

    Saignez-la sans besoin , vous l'épuisez , et l'art ,

  36. 36

    L'art seul la fait alors avorter tôt ou tard.

  37. 37

    La Routine à ses fils dit et prêche sans cesse ,

  38. 38

    Qu'un vomitif toujours doit nuire à la grossesse ;

  39. 39

    Ce préjugé funeste est le plus grand de tous.

  40. 40

    Il néglige le rhume , il protège la toux.

  41. 41

    La toux , dont les accès , la force convulsive

  42. 42

    Portent du haut en bas leur secousse expulsive ,

  43. 43

    Chez la femme a bientôt produit l'avortement.

  44. 44

    Tandis qu'elle eût vomi six mois impunément.

  45. 45

    En effet , l'estomac , par sa force expultrice ,

  46. 46

    Poussant de bas en haut , respecte la matrice.

  47. 47

    Cependant l'émétique , en toute occasion ,

  48. 48

    Ne doit être employé qu'avec précaution.

  49. 49

    Souvent dans le *travail* il est très-nécessaire ,

  50. 50

    Afin de mettre en jeu la fibre musculaire ,

  51. 51

    D'expulser les humeurs par le vomissement ,

  52. 52

    Et d'enchaîner la fièvre , après l'accouchement.

  53. 53

    La Routine , à ses fils dit et redit sans cesse :

  54. 54

    Craignez les purgatifs peu faits pour la grossesse.

  55. 55

    Les purgatifs sont bons , s'ils sont doux , laxatifs ,

  56. 56

    Dangereux au contraire , alors qu'ils sont actifs.

  57. 57

    Si par fois l'estomac s'affaiblit , se délabre ,

  58. 58

    Donnez la magnésie et manne de Calabre ,

  59. 59

    Le riccin , la rhubarbe avec le petit-lait ,

  60. 60

    Quand la manne trop fade , ou répugne ou déplaît.

  61. 61

    Tels sont les purgatifs qu'à toute femme enceinte

  62. 62

    L'art peut , suivant les cas , administrer sans crainte.

  63. 63

    La Routine , à ses fils dit que les lavemens ,

  64. 64

    Relâchent à la fois , avec les ligamens ,

  65. 65

    Soutiens de l'*uterus* , ceux qui servent d'attache

  66. 66

    Au fétus qui dès-lors s'ébranle et se détache.

  67. 67

    Ces beaux rêves de l'art , avec art médités ,

  68. 68

    Sont , pour trancher le mot , autant d'absurdités.

  69. 69

    Les lavemens sont sains , je consens qu'on les donne

  70. 70

    A toute femme enceinte. Albinus les ordonne

  71. 71

    Contre ces fils d'Eole , abhorrés en tout temps ,

  72. 72

    Et d'un impur séjour importuns habitans ,

  73. 73

    Qu'à grands coups de piston il faut chasser sans cesse ,

  74. 74

    Comme ennemis jurés de l'état de grossesse.

  75. 75

    Les lavemens que l'art appelle émolliens ,

  76. 76

    A raison de l'effet de leurs ingrédiens ,

  77. 77

    Du sang et des humeurs maintiennent l'équilibre ,

  78. 78

    Calment les intestins , rendent le ventre libre.

  79. 79

    En un mot , leur usage est très-avantageux ,

  80. 80

    En tout temps , et sur-tout dans les temps orageux ,

  81. 81

    Contre les maux de tête et les fortes coliques.

  82. 82

    Leurs effets sont divins chez les mélancoliques.

  83. 83

    La Routine , à ses fils , esclaves malheureux ,

  84. 84

    Dit qu'à la femme enceinte un bain est dangereux.

  85. 85

    Dangereux ! Quand ? Pourquoi ? Le tout est de s'entendre.

  86. 86

    Doit-on , dans tous les cas , les craindre et les défendre ?

  87. 87

    Les bains sont dangereux , je le sais , je le crois ,

  88. 88

    Lorsqu'au lieu d'être chauds , on les fait prendre froids

  89. 89

    Aux femmes dont la fibre est roide et sèche et dure.

  90. 90

    Les bains sont dangereux , quand leur température

  91. 91

    Est chaude , et que la femme est très-blanche de peau ,

  92. 92

    A la fibre très-molle et le teint frais et beau.

  93. 93

    Faites donc le contraire. Ordonnez-les sans crainte ,

  94. 94

    Froids à la blonde , et chauds à toute brune enceinte ;

  95. 95

    Mais n'allez pas au rang des moyens médicaux ,

  96. 96

    Placer le pédiluve , ou d'autres bains locaux.

  97. 97

    Souvent le bain des pieds fit avorter la femme ,

  98. 98

    Et fut de la débauche une ressource infâme.

  99. 99

    La Routine , à ses fils , dit qu'au gré de ses vœux ,

  100. 100

    La femme enceinte peut et doit manger pour deux ;

  101. 101

    Que dans le choix des mets , dont sa bouche est avide ,

  102. 102

    L'imagination doit lui servir de guide.

  103. 103

    Quel préjugé funeste et qu'elle absurdité !

  104. 104

    D'un aliment mal sain , le poids , la crudité ,

  105. 105

    Surchargent l'estomac qui , durant la grossesse ,

  106. 106

    En perdant son ressort , se délabre sans cesse.

  107. 107

    Ne dédaignez jamais l'avis des Médecins ,

  108. 108

    Sur le choix important des mets légers et sains.

  109. 109

    C'est sur-tout en ceci que l'aimable Lucine ,

  110. 110

    Reconnaît d'Apollon la science divine.

  111. 111

    La Routine , à ses fils , moins adroits qu'inhumains ,

  112. 112

    A dit impudemment : Tout l'art gît dans vos mains ;

  113. 113

    Hercule en est le Dieu ; travaillez. Ils travaillent

  114. 114

    Les femmes en travail. Ils font plus ; ils tenaillent.

  115. 115

    Mais de ces attentats on connaît les auteurs.

  116. 116

    N'allez pas sur la foi de ces intrus-menteurs ,

  117. 117

    D'erreur ou de caprice accuser la Nature ,

  118. 118

    Et d'un bassin étroit condamner la structure ;

  119. 119

    L'obstacle le plus grand ne vient point du bassin ,

  120. 120

    Mais bien de l'inertie actuelle du sein ,

  121. 121

    Qu'un léger cordial redonne à la matrice ,

  122. 122

    Son entière énergie et sa force expultrice.

  123. 123

    Ne l'irritez jamais par vos attouchemens ,

  124. 124

    C'est l'art d'avoir toujours d'heureux accouchemens.

  125. 125

    Apôtres de Rousset , témoins de ma victoire ,

  126. 126

    D'Anne Picamelot vous connaissez l'histoire ,

  127. 127

    Et vous êtes encor d'assez mauvaise foi ,

  128. 128

    Pour oser lâchement vous liguer contre moi ?

  129. 129

    Anne Picamelot , débile et sans défense ,

  130. 130

    Au milieu de la fougue et des jeux de l'enfance ,

  131. 131

    Par mégarde , en courant , glissa du haut d'un mur ,

  132. 132

    Et de sa cavité déplaça le *femur*.

  133. 133

    Ce malheur survenu dès l'âge le plus tendre ,

  134. 134

    Fut nuisible au bassin , l'empêcha de s'étendre ,

  135. 135

    Et dans les changemens , par ses quatre os subis ,

  136. 136

    Le *sacrum* , par degrés , s'approcha des *pubis*.

  137. 137

    Cinq lustres cependant composaient son jeune âge ,

  138. 138

    Quand l'amour la soumit au joug du mariage.

  139. 139

    Deux enfans malheureux , mutilés dans son sein ,

  140. 140

    Furent extraits , à terme , à travers le bassin ;

  141. 141

    Le troisième à sept mois.... Je n'ose à la mémoire

  142. 142

    Retracer les détails de cette horrible histoire ;

  143. 143

    Le troisième à sept mois , grâce à l'avortement ,

  144. 144

    Fut extrait mort , entier , mais non impunément ,

  145. 145

    Par une main barbare et dépopulatrice.

  146. 146

    Le stylet infernal , plongé dans la matrice ,

  147. 147

    Rompit le *chorion* et l'*amnios*. Le fruit

  148. 148

    De la conception sur le champ fut détruit.

  149. 149

    Mais la matrice en vain ne lâche point sa proie ,

  150. 150

    Précurseur du *travail* , l'orage se déploie ,

  151. 151

    Le sang coule à grands flots de son sein sans ressort ;

  152. 152

    L'inertie est complète , on tremble pour son sort.

  153. 153

    Du tampon , la Routine offre en vain la ressource ;

  154. 154

    Les caillots retenus du sang rouvrent la source.

  155. 155

    Le tampon de Le Roux , de nos jours prohibé ,

  156. 156

    Par bonheur de vinaigre était bien imbibé.

  157. 157

    Le tampon l'étouffait, mais la liqueur acide,

  158. 158

    Hâte une crise heureuse et bientôt la décide.

  159. 159

    Partisans du tampon, sans vous mettre en courroux,

  160. 160

    Daignez ouvrir les yeux sur l'erreur de Le Roux.

  161. 161

    Enfin, Picamelot, grâce à l'art..., mais que dis-je ?

  162. 162

    La Nature, et non l'art, opéra ce prodige.

  163. 163

    L'art aveugle, à grands pas, la guidait au tombeau ;

  164. 164

    De ses jours la Nature anima le flambeau.

  165. 165

    De son quatrième enfant enceinte, elle m'appelle.

  166. 166

    Accoucheurs, répondez, c'est vous que j'interpelle ;

  167. 167

    Lacroix, Boyé, Laborde osez me démentir !

  168. 168

    Mais je ne vous crains point, je ne sais pas mentir.

  169. 169

    Dites s'il n'est pas vrai, qu'aux yeux de sa famille,

  170. 170

    Anne Picamelot accoucha d'une fille

  171. 171

    Dont je saisis les pieds avec rotation,

  172. 172

    Sans *forceps*, sans crochets, sans mutilation.

  173. 173

    Dites s'il n'est pas vrai que cet enfant énorme,

  174. 174

    D'un bassin vicié prit en tout point la forme ?

  175. 175

    Il était mort sans doute. Heureux en pareil cas,

  176. 176

    De soustraire une mère à la faux du trépas.

  177. 177

    Mille autres sectateurs du systême contraire,

  178. 178

    Veulent sauver l'enfant, en immolant la mère,

  179. 179

    Et leurs bras sont armés de ferremens affreux ;

  180. 180

    Comme, si pour cueillir un fruit toujours douteux,

  181. 181

    Il fallait par le pied couper l'arbre ?.... Ah ! barbares,

  182. 182

    Consultez la Nature, et soyez moins ignares.

  183. 183

    Quand sa main libérale, aux arbres des vergers,

  184. 184

    Prodigue les bourgeons, elle sait les dangers

  185. 185

    Qui vont les assaillir. Elle sait que la vie,

  186. 186

    A quelques fruits éclos, sera bientôt ravie,

  187. 187

    Que tous n'atteindront point à leur maturité.

  188. 188

    Eh ! quel agriculteur, dans sa témérité,

  189. 189

    Accuse la Nature , et follement avare ;

  190. 190

    Livre un arbre fécond à la hache barbare ?

  191. 191

    Quand la mère et l'enfant de mort sont menacés ,

  192. 192

    Sauver toujours la mère , à nos yeux c'est assez.

  193. 193

    Ce désastre est d'ailleurs moins fréquent qu'on ne pense ;

  194. 194

    L'expérience ici de preuves me dispense.

  195. 195

    La Routine , à ses fils , dit qu'on doit promptement

  196. 196

    Tirer l'arrière-faix après l'enfantement.

  197. 197

    Gardez-vous d'écouter ce préjugé funeste.

  198. 198

    Au fond de l'*uterus* que l'arrière-faix reste ,

  199. 199

    Afin que sa présence et puisse l'agacer ,

  200. 200

    Et force ce viscère enfin à le chasser.

  201. 201

    C'est par ce seul moyen qu'aux femmes accouchées ,

  202. 202

    S'appaisent les douleurs que l'art nomme tranchées.

  203. 203

    L'heureuse délivrance est un point capital ,

  204. 204

    Que la Routine ici rend souvent très-fatal.

  205. 205

    Laissez , dit la Routine , à l'auteur d'un gros livre ,

  206. 206

    Laissez à la Nature expulser le délivre.

  207. 207

    Oui , mais si la matrice est sans nulle action ,

  208. 208

    Il faut du *placenta* faire l'extraction ,

  209. 209

    Et dans vos procédés imiter ma conduite.

  210. 210

    Qu'au fond de l'*uterus* une main introduite ,

  211. 211

    Avec précaution , à l'aide de trois doigts ,

  212. 212

    Vermiculairement , détache ses parois

  213. 213

    Du *placenta* , qu'on doit saisir , tordre en spirale ,

  214. 214

    Et tirer à travers la route vaginale ,

  215. 215

    En s'aidant du cordon , conducteur du chemin ,

  216. 216

    Qu'on a soin d'attacher aux doigts de l'autre main.

  217. 217

    Telle est la délivrance après l'heureuse couche.

  218. 218

    Mais lorsque avant le temps , la femme enceinte accouche ,

  219. 219

    Il faut à la Nature abandonner le soin

  220. 220

    D'expulser le délivre , en donnant au besoin ,

  221. 221

    Non un sternutatoire , ou quelqu'emménagogue ,

  222. 222

    Non le suc de Sabine , épouvantable drogue ,

  223. 223

    Mais un doux cordial qu'on a soin d'arranger

  224. 224

    Avec Menthe , Mélisse , eau de fleurs d'oranger.

  225. 225

    Muse , c'en est assez , évitons les redites.

  226. 226

    La Routine ose encor croire aux Hermaphrodites ,

  227. 227

    Aux monstres de Bauhin , dignes de l'an cinq cents.

  228. 228

    Ces rêves mensongers heurtent trop le bon sens ,

  229. 229

    Pour réfuter le fait de la femme Préville ,

  230. 230

    Rapporté par Giraud , son esclave docile.

  231. 231

    Des monstres !... Au moral , il en est de nos jours :

  232. 232

    On en vit de tous temps , on en verra toujours.

  233. 233

    Les noirs Césariens , dans leur rage inhumaine ,

  234. 234

    Sont des monstres cachés sous la figure humaine ;

  235. 235

    Enfans des préjugés , esclaves de l'erreur ,

  236. 236

    Femmes par le génie , hommes par la fureur.

  237. 237

    La secte de Rousset , race impie et maudite ,

  238. 238

    De l'art , partie honteuse , est seule Hermaphrodite ;

  239. 239

    Mais jamais la Nature , au mépris de ses lois ,

  240. 240

    Ne fit , d'un seul sujet , homme et femme à la fois.

  241. 241

    Et cependant la Fable a dit qu'Hermaphrodite ,

  242. 242

    Nom formé de deux mots , d'Hermès et d'Aphrodite ,

  243. 243

    Eut Neptune pour père , et pour mère Cypris.

  244. 244

    Des charmes d'une Nymphe , Hermaphrodite épris ,

  245. 245

    Cherchait , au fond de l'onde , une amante adorée ;

  246. 246

    Des mêmes feux pour lui , Salmacis dévorée ,

  247. 247

    Poursuivait son amant dans l'humide séjour :

  248. 248

    La Nymphe au fond des eaux l'aperçevant un jour ,

  249. 249

    S'élance dans ses bras , se pâme de tendresse.

  250. 250

    Dieux immortels ! dit-elle , en un transport d'ivresse ,

  251. 251

    Vénus , Amour , Hymen , exaucez mon désir ,

  252. 252

    Que nos corps soient unis dans les bras du plaisir.

  253. 253

    Cette métamorphose est , dit-on , l'origine

  254. 254

    Du monstre Hermaphrodite , ou de l'être Androgine ;

  255. 255

    Mais non , du Clitoris , plus ou moins prolongé ,

  256. 256

    Naquit l'erreur commune où l'art même est plongé.

  257. 257

    De nos jours la Routine , et sa sœur l'Imposture ,

  258. 258

    Ont voulu reforger des faits contre Nature ;

  259. 259

    La grossesse ventrale , absurde et vieux Roman ,

  260. 260

    Fut ici par Dubois reproduite un moment.

  261. 261

    Dubois à l'infortune , à la Beauté propice ,

  262. 262

    Maître Dubois , l'an cinq , reçut dans son hospice

  263. 263

    Un sujet dont voici l'histoire en peu de mots.

  264. 264

    Du travail , dit l'auteur , Cetty sentait les maux ,

  265. 265

    Quand soudain au milieu du plus terrible orage ,

  266. 266

    L'enfant , nouveau Typhon , dans un accès de rage ,

  267. 267

    Rompt l'uterus , s'élance , et ce monstre infernal ,

  268. 268

    Choisit pour son séjour le sac intestinal.

  269. 269

    Sur lui de l'uterus la hargue se referme.

  270. 270

    Ainsi , depuis trois ans , d'un enfant mort à terme ,

  271. 271

    Le cadavre est gissant au fond de l'abdomen ,

  272. 272

    Sur la foi du conteur , l'École a dit Amen....

  273. 273

    Pour moi tout m'est suspect ; tout fait est équivoque ,

  274. 274

    De la part d'un élève , agent de Baudelocque.

  275. 275

    D'ailleurs , né , m'a-t-on dit , sur les rives du Lot ,

  276. 276

    Il a l'humeur gasconne , et feindre est son vrai lot.

  277. 277

    Mais l'art s'est depuis peu convaincu par lui-même ,

  278. 278

    Que l'amour seul ourdit ce honteux stratagème.

  279. 279

    Il est vrai que depuis Cetty rend par l'anus ,

  280. 280

    Si l'on en croit Dubois , les restes d'un fétus.

  281. 281

    A qui donc désormais faudra-t-il qu'on se fie ?

  282. 282

    Si , dans ces jours de gloire et de philosophie ,

  283. 283

    Les grands maîtres de l'art trompent les jeunes gens ,

  284. 284

    Et sont des préjugés les perfides agens :

  285. 285

    La Routine, à ses fils, dit que les accouchées,

  286. 286

    Durant neuf jours au moins doivent rester couchées ;

  287. 287

    Ne prendre pour tous mets que quelques bouillons gras,

  288. 288

    Croupir un mois entier entre deux sales draps,

  289. 289

    Sous le prétexte vain qu'un drap blanc de lessive,

  290. 290

    Pourrait leur procurer une perte excessive ;

  291. 291

    Se gorger de boissons, de canne, de persil,

  292. 292

    De feuilles de bourrache, ou de thé du Brésil ;

  293. 293

    Clorre hermétiquement porte, alcove et fenêtre,

  294. 294

    De peur que jusqu'au lit l'air libre ne pénètre ;

  295. 295

    Provoquer les sueurs, au risque d'étouffer ;

  296. 296

    Tels sont les préjugés dont je veux triompher.

  297. 297

    Mais que puis-je sans toi, Dieu de la Médecine ?

  298. 298

    Tout méconnaît ici le culte de Lucine.

  299. 299

    On accuse d'aigreur et de sévérité

  300. 300

    L'ami de la Nature et de la Vérité.

  301. 301

    Cependant à Paris, depuis trente ans j'accouche,

  302. 302

    Jamais depuis trente ans, le *travail* et la couche,

  303. 303

    Aux époux, aux amans n'ont coûté de regrets.

  304. 304

    Ai-je un talisman ? Non, j'ai dit tous mes secrets.

  305. 305

    Je crois à la Nature, à son pouvoir suprême ;

  306. 306

    Interprète sacré de sa volonté même,

  307. 307

    J'observe, je connais, je suis ses procédés ;

  308. 308

    J'use en maître, des droits aux Docteurs concédés,

  309. 309

    Mais je hais la Routine ; à son joug indocile,

  310. 310

    Je dédaigne les lois du vulgaire imbécile.

  311. 311

    Un préjugé fatal, respecté de nos jours,

  312. 312

    Dit que durant la couche on doit suer toujours.

  313. 313

    Cette erreur capitale, aux femmes si funeste,

  314. 314

    A causé plus de maux que la guerre et la peste.

  315. 315

    Ne confondez jamais la transpiration,

  316. 316

    De nos humeurs utile évaporation,

  317. 317

    Qui, nécessaire au corps, mais naturelle et libre ;

  318. 318

    Y rétablit sans cesse, y maintient l’équilibre,

  319. 319

    Avec cette liqueur qui, des pores du corps,

  320. 320

    Ruisselle, et sans succès affaiblit ses ressorts.

  321. 321

    Je dis plus, la sueur, chère aux yeux du vulgaire,

  322. 322

    Des fièvres de la couche est la cause ordinaire.

  323. 323

    Toujours de la sueur les funestes excès,

  324. 324

    De la fièvre miliaire ont produit les accès.

  325. 325

    Les préjugés, ces lois du stupide vulgaire,

  326. 326

    Qui se guide au hasard et ne réfléchit guère ;

  327. 327

    Les préjugés ici, tyrans des nouveaux-nés,

  328. 328

    Abrègent, au berceau, leurs jours infortunés,

  329. 329

    Ou prolongeant sans fruit leur douloureuse enfance,

  330. 330

    Leur font payer bien cher une frêle existence.

  331. 331

    La Routine, à ses fils, apprend l’art inhumain

  332. 332

    De pétrir aux enfans la tête avec leur main.

  333. 333

    Cet usage, dit-on, consacré dans la Chine,

  334. 334

    Est bien digne en effet de ce peuple machine.

  335. 335

    Mais chez un peuple instruit et sensible à l’excès,

  336. 336

    Un peuple philosophe, en un mot, les Français,

  337. 337

    Dont l’Europe étonnée admire le génie,

  338. 338

    Ce préjugé cruel, cette affreuse manie,

  339. 339

    Ce procédé stupide, avec horreur proscrit,

  340. 340

    Par la Routine aveugle, à Paris est prescrit.

  341. 341

    De chaque crâne humain la forme est différente ;

  342. 342

    Et la Routine veut de sa main ignorante,

  343. 343

    Pétrir la boëte osseuse, aux dépens du cerveau.

  344. 344

    Que doit-il résulter de ce mode nouveau ?

  345. 345

    Ou que l’enfant subit la mort la plus rapide,

  346. 346

    Ou que plus malheureux, il vit, hélas ! stupide.

  347. 347

    Sectateurs de Rousset, pardonnez mon erreur ;

  348. 348

    Teints du sang maternel, vous me fîtes horreur ;

  349. 349

    Je pensais que, miroir de vos ames atroces,

  350. 350

    Votre œil se repaissait de spectacles féroces,

  351. 351

    Et je vous accablai de mon inimitié.

  352. 352

    Mais la haine en mon cœur fait place à la pitié.

  353. 353

    Ce préjugé barbare, en effet vous excuse,

  354. 354

    Je sais qu'avec raison l'Univers vous accuse

  355. 355

    D'ignorance, d'orgueil et de cupidité ;

  356. 356

    Mais cette soif de l'or, cette stupidité,

  357. 357

    Sont des vices acquis. On a pétri vos têtes,

  358. 358

    Et de vous en naissant l'art ne fit que des bêtes,

  359. 359

    Dont l'instinct malheureux est la férocité.

  360. 360

    Le crâne de l'enfant a l'élasticité,

  361. 361

    La flexibilité, la mollesse en partage ;

  362. 362

    Il doit donc résulter de ce triple avantage,

  363. 363

    Que la tête, en passant à travers le bassin,

  364. 364

    Prend momentanément la forme, le dessin

  365. 365

    Qu'elle avait en sortant des mains de la Nature ;

  366. 366

    Mais elle est ramenée à sa propre structure,

  367. 367

    Par l'effort du cerveau, qui pour se rétablir,

  368. 368

    Écarte les parois qui pourraient l'affaiblir.

  369. 369

    La Routine, à ses fils, qu'une vieille habitude

  370. 370

    Dispense de savoir, de pratique et d'étude,

  371. 371

    La Routine, à ses fils, apprend qu'aux nouveaux-nés,

  372. 372

    Qu'ils soient ou ne soient pas à vivre destinés,

  373. 373

    Il faut lier, couper, avant la délivrance,

  374. 374

    Le cordon protecteur de leur frêle existence.

  375. 375

    Quel préjugé funeste et quel aveuglement !

  376. 376

    En neuf mois de grossesse, et dans l'enfantement,

  377. 377

    Le poumon du fétus, affaissé sur lui-même,

  378. 378

    Est passif, sans ressort, en une gêne extrême.

  379. 379

    Le jeu de ce viscère, ou respiration,

  380. 380

    N'a lieu, chez les enfans, qu'après l'expulsion

  381. 381

    Hors du sein maternel. C'est dans ce beau domaine ,

  382. 382

    Que végète en secret , que croît la plante humaine ,

  383. 383

    Jusqu'à l'instant propice où la maternité

  384. 384

    En détache le fruit pour la postérité.

  385. 385

    Jusques-là du fétus l'existence est commune

  386. 386

    Avec la plante mère. Enfin , leur vie est une ;

  387. 387

    Mais à l'instant physique , ou saisi, déplacé,

  388. 388

    L'enfant , par la Nature hors du sein est chassé ;

  389. 389

    Il commence à filer la trâme de sa vie ,

  390. 390

    Qui d'accidens affreux serait bientôt suivie ,

  391. 391

    Si la Routine ignare , ou l'art audacieux ,

  392. 392

    Liait, coupait trop tôt le cordon précieux.

  393. 393

    Mais l'accoucheur instruit , expérimenté , sage ,

  394. 394

    Attend, pour le couper , que , s'ouvrant un passage

  395. 395

    De la bouche au poumon , l'air circule aisément ,

  396. 396

    Et que le nouveau-né respire librement.

  397. 397

    Quant à la ligature , après la délivrance ,

  398. 398

    Faites-la pour complaire à l'aveugle ignorance.

  399. 399

    André , mon bon André , blanchissait le cordon.

  400. 400

    Cette sage pratique avait , dit-il , le don

  401. 401

    De préserver du mal qu'a détruit la vaccine ;

  402. 402

    J'ai surnommé Levret , Blanchisseur de Lucine.

  403. 403

    La Routine , à ses fils dit , sans but , sans dessein ,

  404. 404

    Qu'on doit priver trois jours le nouveau-né du sein.

  405. 405

    A peine à l'Ignorance un accoucheur pardonne

  406. 406

    Les futiles raisons que la Routine en donne.

  407. 407

    Le lait , dit la Routine , aux deux seins attiré ,

  408. 408

    Le premier jour , n'est point assez élaboré ,

  409. 409

    Pour pouvoir à l'enfant servir de nourriture ;

  410. 410

    Quel absurde propos. Le vœu de la Nature

  411. 411

    Est, que le colostrum , petit-lait laxatif ,

  412. 412

    Chez l'enfant nouveau-né soit le doux purgatif

  413. 413

    Du noir Méconium. Or donc, plus on diffère,

  414. 414

    Et plus chaque vaisseau qu'on nomme lactifère,

  415. 415

    Grossit, distend le sein, fait rentrer chaque bout,

  416. 416

    En sorte que l'enfant ne peut venir à bout,

  417. 417

    De saisir de la langue et sucer de sa bouche,

  418. 418

    Les trous du mamelon, qu'un lait trop épais bouche.

  419. 419

    De là tous les malheurs nés de l'allaitement,

  420. 420

    Et qui font abhorrer jusqu'à l'enfantement.

  421. 421

    Mais quoi ! des animaux voyons-nous les femelles

  422. 422

    Avoir des duretés, des dépôts aux mamelles ?

  423. 423

    Non sans doute. Eh ! pourquoi ? C'est que les animaux,

  424. 424

    Exempts de préjugés, source de tous nos maux,

  425. 425

    Fortunés habitans des bois et des campagnes,

  426. 426

    Plus près de la Nature, aiment trop leurs compagnes,

  427. 427

    Pour emprunter de l'art l'homicide secours.

  428. 428

    Jamais à son semblable un mâle eut-il recours,

  429. 429

    Pour tourmenter ainsi sa femelle en gésine ?

  430. 430

    A peine elle a mis bas dans la forêt voisine,

  431. 431

    Que ses nombreux petits sur leur dos étendus,

  432. 432

    Par instinct, par besoin, à ses bouts suspendus,

  433. 433

    Se gorgent à l'envi du lait de leur nourrice,

  434. 434

    Qui les allaite en mère, et jamais par caprice.

  435. 435

    Routiniers, profitez d'une utile leçon,

  436. 436

    A sa mère, en naissant, donnez le nourrisson.

  437. 437

    La Routine orgueilleuse, à force d'ignorance,

  438. 438

    Voulant d'un vain savoir se donner l'apparence,

  439. 439

    Adopte des moyens qu'elle ne connaît pas,

  440. 440

    Et l'abus qu'elle en fait rend plus sûr le trépas.

  441. 441

    L'art dit, avec raison ; le bain froid fortifie.

  442. 442

    La Routine ignorante à la lettre se fie,

  443. 443

    Et par elle, au bain froid, les enfans nouveaux-nés,

  444. 444

    Impitoyablement ont été condamnés.

  445. 445

    Tous , du danger du bain ont fait la triste épreuve ,

  446. 446

    Foureroy peut de ce fait administrer la preuve ;

  447. 447

    Ce Fourcroy qui n'est point le Conseiller d'Etat

  448. 448

    A vie , a sur ses fils commis cet attentat.

  449. 449

    Je sais , s'il faut en croire et l'histoire et la fable ,

  450. 450

    Je sais que du Destin , l'arrêt irrévocable

  451. 451

    Avait prédit qu'Achille , issu d'un sang mortel ,

  452. 452

    Se flatterait en vain d'être un jour immortel.

  453. 453

    De ce fatal arrêt sa mère eut connaissance ;

  454. 454

    La Déesse en frémit. On dit qu'à sa naissance ,

  455. 455

    Pour sauver ce cher fils , à mourir destiné ,

  456. 456

    Thétis dans l'eau du Styx plongea le nouveau-né.

  457. 457

    L'heureuse immersion dans l'onde redoutable ,

  458. 458

    Rendit le corps d'Achille aux traits invulnérable ,

  459. 459

    Au talon gauche près , que tenait dans sa main

  460. 460

    L'épouse de Pélée , en le plongeant au bain.

  461. 461

    Dans ces faits mensongers que la fable raconte ,

  462. 462

    L'œil du physicien ne lit pas un vain conte.

  463. 463

    Mais sous un voile heureux il voit la Vérité ,

  464. 464

    Que ma Muse a transmise à la postérité.

  465. 465

    Eh ! certes , si le bain dans l'onde glaciale

  466. 466

    Du Styx , roulant ses flots sous la voûte infernale ,

  467. 467

    Ne put sauver les jours d'un rejeton des Dieux ,

  468. 468

    Combien plus le bain froid doit-il être odieux ,

  469. 469

    Et funeste aux mortels , dont la progéniture

  470. 470

    Est si faible , en sortant des mains de la Nature.

  471. 471

    Voulez-vous au bain froid tremper le corps humain ,

  472. 472

    Baignez les nouveaux-nés une éponge à la main ,

  473. 473

    D'abord avec l'eau froide au bain tiède mêlée ,

  474. 474

    Et vos enfans , ainsi que le fils de Pélée ,

  475. 475

    Par degrés , au bain froid endurcissant leur corps ,

  476. 476

    Deviendront chaque jour plus robustes , plus forts.

  477. 477

    Je sais bien que le fer , sortant du sein des flammes ,

  478. 478

    De l'acier le plus dur forme les dures lames ,

  479. 479

    Si , rougi dans la forge , on le trempe en un bain ,

  480. 480

    Ou dans l'onde à la glace on le plonge soudain.

  481. 481

    Mais loin d'être de fer , vos enfans sont d'argile :

  482. 482

    Comme elle de leur corps la structure est fragile ;

  483. 483

    Dans l'eau froide , en naissant , ne les plongez donc pas ,

  484. 484

    Ou redoutez pour eux le plus soudain trépas.

  485. 485

    Femmes , de la Nature admirez la sagesse ;

  486. 486

    C'est peu de vous verser ses dons avec largesse ;

  487. 487

    A vos moindres besoins elle attache un plaisir ,

  488. 488

    Et prévient vos dégoûts par un nouveau désir.

  489. 489

    Ainsi ce feu sacré , cette céleste flamme ,

  490. 490

    Sous le doux nom d'amour est un besoin de l'ame ,

  491. 491

    Et ce feu dans vos cœurs attisé par ses mains ,

  492. 492

    Source de vos plaisirs , reproduit les humains.

  493. 493

    Pourquoi donc l'outrager en l'accusant sans cesse

  494. 494

    D'être souvent l'auteur des maux de la grossesse ?

  495. 495

    Femmes , vous n'aurez pas une incommodité ,

  496. 496

    Vous ne maudirez plus votre fécondité ,

  497. 497

    Si , méprisant de l'art l'éloquente imposture ,

  498. 498

    Vous daignez écouter la voix de la Nature.

  499. 499

    Qu'un autre , grossissant la liste de vos maux ,

  500. 500

    Vous force d'envier le sort des animaux ,

  501. 501

    En leur donnant sur vous un indigne avantage ;

  502. 502

    Plus franc , je vous dirai , vos maux sont votre ouvrage ;

  503. 503

    Mais sans vous tourmenter de malheurs à venir ,

  504. 504

    Dociles , apprenez l'art de les prévenir.

  505. 505

    D'abord défiez-vous de l'air atmosphérique.

  506. 506

    Ce fluide léger , invisible , élastique ,

  507. 507

    Peut , suivant le rapport de ses propriétés ,

  508. 508

    Avoir en divers lieux diverses qualités.

  509. 509

    Un air trop condensé par l'excès de froidure ,

  510. 510

    Gêne le cours du sang , rend la fibre plus dure ,

  511. 511

    L'air trop chaud la relâche , et faute de ressort ,

  512. 512

    Tout fluide sur elle agit avec effort.

  513. 513

    Un air humide et froid est doublement nuisible ,

  514. 514

    En supprimant du corps la vapeur insensible.

  515. 515

    Un air humide et chaud est un énorme poids ,

  516. 516

    Sous lequel nous perdons et la force et la voix.

  517. 517

    L'air fétide est funeste à toute femme enceinte.

  518. 518

    La méphytique odeur d'une chandelle éteinte ,

  519. 519

    Disent Pline et Liébaut , a seule et promptement ,

  520. 520

    Par son funeste effet , causé l'avortement.

  521. 521

    Un air pur et serein , sans vice délétaire ,

  522. 522

    A l'état de grossesse est le plus salutaire.

  523. 523

    Le choix des alimens n'est pas moins important

  524. 524

    A qui veut mettre au jour un enfant bien portant ;

  525. 525

    Dans les mets destinés à votre nourriture ,

  526. 526

    Femmes , consultez moins le goût que la Nature.

  527. 527

    Pâtés , ragoûts , salé , raiforts , raves , radits ,

  528. 528

    Mets trop lourds , ou trop cruds doivent être interdits.

  529. 529

    Les végétaux , les œufs , la chair blanche et légère ,

  530. 530

    Sont des alimens sains que l'estomac digère.

  531. 531

    L'eau , la bierre et le vin versés par la raison ,

  532. 532

    Sont , durant la grossesse , une utile boisson.

  533. 533

    Voulez-vous de douleurs être moins tourmentées ?

  534. 534

    Servez-vous de café , de liqueurs fermentées.

  535. 535

    Cependant , si l'usage en fit un vrai besoin ,

  536. 536

    Du moins évitez-en l'excès avec grand soin.

  537. 537

    Par un trop long repos la fibre se relâche ;

  538. 538

    Les solides alors dans leur tissu trop lâche ,

  539. 539

    Aux diverses humeurs donnant un libre accès ,

  540. 540

    Recèlent à la fois , varice , œdème , abcès ;

  541. 541

    Mais l'exercice à pied resserrant les solides

  542. 542

    Dans un juste équilibre entretient les fluides.

  543. 543

    La femme enceinte doit savoir faire à propos

  544. 544

    Succéder tour-à-tour l'exercice au repos;

  545. 545

    Du cheval le plus doux, aux dangers intrépide,

  546. 546

    Redouter les écarts et l'allure rapide,

  547. 547

    Même en un char pompeux, et conduit à pas lents,

  548. 548

    Des plus souples ressorts craindre les doux élans.

  549. 549

    Ainsi qu'un choc léger brise un vase d'argile,

  550. 550

    Tel au sein de sa mère un enfant est fragile.

  551. 551

    Bon, bon, ne craignez rien, laissez, vous dira-t-on,

  552. 552

    Ces paniques terreurs aux femmes de haut ton,

  553. 553

    Qui, sans l'avis formel des suppôts de Lucine,

  554. 554

    Et de la Chirurgie et de la Médecine,

  555. 555

    De peur de se blesser, n'osent plus faire un pas,

  556. 556

    Ni moucher, ni cracher, ni prendre un seul repas,

  557. 557

    Et qui par leurs Docteurs nuit et jour étourdies,

  558. 558

    Ont classé la grossesse au rang des maladies.

  559. 559

    Jeanne, vous dira-t-on, enceinte de Henri,

  560. 560

    Père et Roi des Français, des Français si chéri,

  561. 561

    Jeanne d'Albret enceinte, alla, quoique Princesse,

  562. 562

    Dans un char très-rapide, à huit mois de grossesse,

  563. 563

    De Compiègne à Pau, des Rois humble séjour,

  564. 564

    Avant que sur son char l'astre brillant du jour,

  565. 565

    Plus pur, plus radieux, sortant du sein de l'onde,

  566. 566

    Eût vingt fois devant lui chassé la nuit profonde.

  567. 567

    La Reine de Pologne, enceinte de neuf mois,

  568. 568

    Suivait Sobieski dans les camps, dans les bois.

  569. 569

    En ses fastes sanglans, si la main de l'histoire,

  570. 570

    De ces faits merveilleux consacra la mémoire,

  571. 571

    C'est parmi les abus qu'il fallait corriger,

  572. 572

    Et non comme un exemple utile à propager.

  573. 573

    L'art l'a fait parmi nous, mais la Pologne encore,

  574. 574

    Du jour qui nous éclaire à peine a vu l'aurore.

  575. 575

    Femmes, ne souffrez point que le Dieu du repos,

  576. 576

    Sur vos yeux trop long-temps agite ses pavots :

  577. 577

    Quand Phœbus, sur les pas de l'Aurore vermeille,

  578. 578

    Renaît, Lucine alors ne veut pas qu'on sommeille ;

  579. 579

    Mais elle exige aussi que la nuit, à son tour,

  580. 580

    Vienne vous délasser des fatigues du jour.

  581. 581

    Craignez tout mouvement désordonné de l'ame ;

  582. 582

    La peur qui la saisit, le courroux qui l'enflamme,

  583. 583

    La haine envenimée et le jaloux transport,

  584. 584

    Au fétus dans le sein peuvent donner la mort.

  585. 585

    Epouses, je vous dois un conseil salutaire,

  586. 586

    Quand vous aurez conçu n'allez point à Cythère.

  587. 587

    La nacelle à Vénus, sur les flots amoureux,

  588. 588

    Peut souvent rencontrer des écueils dangereux ;

  589. 589

    D'ailleurs, l'île où les Ris, les Jeux dansent sans cesse,

  590. 590

    Est un séjour funeste à l'état de grossesse.

  591. 591

    Des folâtres amours l'aveugle emportement,

  592. 592

    Dans le cours des neuf mois produit l'avortement.

  593. 593

    Sexe aimable, enchanteur, dont les naïves Grâces,

  594. 594

    De l'homme infortuné soulage les disgrâces,

  595. 595

    Ton destin est de plaire, et je ne prétends pas

  596. 596

    Te ravir l'art heureux d'embellir tes appas.

  597. 597

    D'un costume élégant l'agréable imposture,

  598. 598

    Semble ajouter un prix aux dons de la Nature.

  599. 599

    Que la Mode et le Goût, Dieux charmans, Dieux rivaux,

  600. 600

    Offrent à vos attraits des ornemens nouveaux,

  601. 601

    Et rivales des fleurs, fraîches, vives comme elles,

  602. 602

    Beautés, dans nos jardins reparaissez plus belles.

  603. 603

    Ainsi chaque printemps, dans l'empire des fleurs,

  604. 604

    Voit la rose et le lys marier leurs couleurs,

  605. 605

    L’œillet et la jonquille , ornemens de la terre ;

  606. 606

    De suaves odeurs embaumer un parterre.

  607. 607

    J’applaudirai sans doute et mon œil enchanté ,

  608. 608

    Vous verra disputer le prix de la Beauté.

  609. 609

    Mais je frémis de voir que des femmes enceintes ,

  610. 610

    Par les triples cordons de leurs jupes soient ceintes ,

  611. 611

    Jusqu’à perdre en marchant la respiration ,

  612. 612

    De voir que ce fardeau gênant son action ,

  613. 613

    Surcharge la matrice et prive ce viscère

  614. 614

    D’un développement au fétus nécessaire.

  615. 615

    Je voudrais qu’une femme enceinte eût , en tout temps ,

  616. 616

    Des vêtemens légers autour du corps flottans ,

  617. 617

    Tels que chez les Hébreux en portaient les Lévites ,

  618. 618

    Ou tels que sous ce nom , dans Paris vous les vîtes.

  619. 619

    J’ai dit mon sentiment , heureux si mes avis ,

  620. 620

    D’accord avec vos goûts , pouvaient être suivis.

  621. 621

    Cependant , de nos jours , au sein même des villes ,

  622. 622

    Mon art à la Nature offre des soins utiles ,

  623. 623

    Qui bien administrés ne seraient jamais vains ,

  624. 624

    S’ils n’étaient confiés à d’ignorantes mains.

  625. 625

    Enfin , ils sont échus les neuf mois de grossesse ,

  626. 626

    Et l’enfant tourmenté par le corps qui le presse ,

  627. 627

    Lutte en vain , se débat , cherche à sortir du sein.

  628. 628

    Soulevé par les eaux au détroit du bassin ,

  629. 629

    Après de longs efforts , sa tête plus pesante ,

  630. 630

    Glisse , tombe , et bientôt l’occiput se présente.

  631. 631

    Des progrès du *travail* , observez bien le cours ;

  632. 632

    Le doigt sans le Génie est d’un faible secours.

  633. 633

    Sans lui l’art du *toucher* est un guide infidèle ,

  634. 634

    Mais le Génie heureux , souvent d’un seul coup d’aile ,

  635. 635

    Peut franchir dans son vol les limites de l’art ,

  636. 636

    Quand la Routine rampe et se traîne au hasard.

  637. 637

    Ainsi pour se nourrir l'hirondelle timide,

  638. 638

    Du paisible océan rase la plaine humide,

  639. 639

    Tandis que l'aigle fier, d'un vol audacieux,

  640. 640

    Vient fixer le soleil sous la voûte des cieux.

  641. 641

    D'une femme en *travail* observez le visage,

  642. 642

    Le teint, le son de voix, le trouble, le langage,

  643. 643

    Et son silence même et son regard plaintif,

  644. 644

    Rien ne doit échapper à votre œil attentif.

  645. 645

    Spectateur du combat livré par la Nature,

  646. 646

    Du bassin, en esprit, suivez bien la structure,

  647. 647

    Et sans perdre en efforts de rapides instans,

  648. 648

    Retracez-vous de l'art les principes constans.

  649. 649

    Je sais, vous direz-vous, je sais que la matrice

  650. 650

    Doit agir sur l'enfant par sa force expultrice.

  651. 651

    Que semblable à la vis qui tourne en avançant,

  652. 652

    L'enfaut dans le bassin tourne en le franchissant.

  653. 653

    Qu'à la forme d'un œuf réduit par la matrice,

  654. 654

    Ou sa tête, ou ses pieds s'offrent à l'orifice.

  655. 655

    Que le rapport parfait de l'enfant aux détroits,

  656. 656

    Ne rend jamais pour lui les bassins trop étroits.

  657. 657

    Que du chef de l'enfant la plus grande étendue,

  658. 658

    Aux épaules toujours fraie une libre issue.

  659. 659

    Quand de l'enfant à terme on fait l'extraction ,

  660. 660

    On attend la douleur pour chaque attraction.

  661. 661

    Des membranes craignez d'opérer la rupture ,

  662. 662

    Laissez le plus souvent ce soin à la Nature.

  663. 663

    La Routine a prescrit , mais la Raison défend

  664. 664

    De lier les vaisseaux du cordon , à l'enfant.

  665. 665

    Le *travail* est toujours l'œuvre de la Nature ,

  666. 666

    On la trouble , en mettant la femme à la torture.

  667. 667

    Respectez le *travail* , mais , d'un œil curieux ,

  668. 668

    Observez quel agent le rend laborieux.

  669. 669

    Dans les convulsions , ou la perte utérine ,

  670. 670

    Il faut que sur-le-champ le *travail* se termine.

  671. 671

    Dans le cas d'inertie , après l'enfantement ,

  672. 672

    L'art doit contre la perte agir très-promptement.

  673. 673

    Défiez-vous de l'art , laissez à l'ignorance ,

  674. 674

    Et son ton prophétique, et son air d'assurance ;

  675. 675

    Des *forceps* , des crochets funestes précurseurs ,

  676. 676

    Songez que l'Ignorance et l'Audace sont sœurs ;

  677. 677

    Enfans dénaturés , issus du même père ,

  678. 678

    De l'orgueil , qui causa les malheurs de la terre.

  679. 679

    Le mérite est toujours exempt de vanité ,

  680. 680

    Modeste , avec courage , il sert l'Humanité.

  681. 681

    Secondez , mais suivez pas à pas la Nature ,

  682. 682

    C'est là le grand secret, le reste est imposture.

  683. 683

    Mais en voulant par fois hâter l'enfantement ,

  684. 684

    N'organisez jamais l'horrible avortement.

  685. 685

    Pardonne , Dieu des vers , si j'ose , sur ma lyre ,

  686. 686

    De Vauzelme en ce jour consacrer le délire.

  687. 687

    Vauzelme un jour rêvant que sans la Faculté,

  688. 688

    La Nature , à neuf mois , n'a pas la faculté

  689. 689

    D'expulser un enfant par un étroit passage ,

  690. 690

    Aux suppôts de Levret donne un conseil peu sage ;

  691. 691

    Il voudrait.... J'en frémis.... Qu'un habile accoucheur,

  692. 692

    Disons mieux , du beau sexe , un barbare écorcheur ,

  693. 693

    Le *forceps* à la main , provoquant la Nature ,

  694. 694

    Mit , de sept à huit mois , la femme à la torture ;

  695. 695

    Et pour sauver la mère , au travers du bassin ,

  696. 696

    Extirpât , avant terme , un enfant hors du sein.

  697. 697

    Je ne combattrai point cette étrange méthode ,

  698. 698

    Qui , grâce à moi , jamais ne deviendra de mode ;

  699. 699

    Mais l'auteur étayé de ses doctes raisons ,

  700. 700

    Méritait une place aux *Petites-Maisons*.

  701. 701

    Apollon , croirais-tu qu'une secte savante,

  702. 702

    Dans l'art d'ouvrir le flanc d'une femme vivante ,

  703. 703

    Art qu'on appelle ici *Césarienniser* ,

  704. 704

    De ta propre conduite ose s'autoriser ?

  705. 705

    Eh, quoi ! des éventreurs tu sérais le modèle ?

  706. 706

    O blasphême ! Apollon, du sein d'une infidèle

  707. 707

    Retira, je l'avoue, Esculape son fils

  708. 708

    Qui respira soudain : mais déjà Coronis,

  709. 709

    Au rival d'Apollon, au jeune Ischis ravie,

  710. 710

    Sous les traits de Diane avait perdu la vie.

  711. 711

    Imitez Apollon et n'assassinez pas,

  712. 712

    Pour ouvrir une femme, attendez son trépas.

  713. 713

    Esculape, heureux fruit de l'Utérotomie,

  714. 714

    Dieu de la Médecine et de l'Anatomie,

  715. 715

    Du centaure Chiron élève précieux,

  716. 716

    Daigne verser tes dons sur moi du haut des Cieux.

  717. 717

    Muse, effroi du méchant, sur la scène tragique,

  718. 718

    Prête-moi ton cothurne et ta voix énergique,

  719. 719

    Contre Typhon, ce monstre horreur de l'Univers,

  720. 720

    Fils de Rhée, échappé de ses flancs entr'ouverts,

  721. 721

    Typhon, dont la naissance, horrible phénomène,

  722. 722

    Présagea l'attentat d'une secte inhumaine,

  723. 723

    Qui, de l'art de Lucine et la honte et l'effroi,

  724. 724

    Eventra le beau sexe, à l'exemple d'un Roi.

  725. 725

    Enceinte de neuf mois, la mère des Dieux, Rhée,

  726. 726

    De la terre et des cieux à la fois révérée,

  727. 727

    Avec impatience attendait le moment,

  728. 728

    Terme heureux de ses maux et de l'enfantement,

  729. 729

    Quand soudain de son flanc, un monstre.... le dirai-je ?

  730. 730

    Avant de voir le jour, coupable et sacrilége,

  731. 731

    Un monstre auteur du mal, de fureur transporté,

  732. 732

    S'élance en déchirant les flancs qui l'ont porté ;

  733. 733

    Exécrable rebut de la Nature entière,

  734. 734

    Du soleil qui le voit il trouble la lumière.

  735. 735

    L'Égypte en pleurs, gardant un silence profond,

  736. 736

    Tous les ans craint le jour qui vit naître Typhon,

  737. 737

    Défiez-vous de l'art, laissez à l'ignorance,

  738. 738

    Et son ton prophétique, et son air d'assurance ;

  739. 739

    Des *forceps*, des crochets funestes précurseurs,

  740. 740

    Songez que l'Ignorance et l'Audace sont sœurs ;

  741. 741

    Enfans dénaturés, issus du même père,

  742. 742

    De l'orgueil, qui causa les malheurs de la terre.

  743. 743

    Le mérite est toujours exempt de vanité,

  744. 744

    Modeste, avec courage, il sert l'Humanité.

  745. 745

    Secondez, mais suivez pas à pas la Nature,

  746. 746

    C'est là le grand secret, le reste est imposture.

  747. 747

    Mais en voulant par fois hâter l'enfantement,

  748. 748

    N'organisez jamais l'horrible avortement.

  749. 749

    Pardonne, Dieu des vers, si j'ose, sur ma lyre,

  750. 750

    De Vauzelme en ce jour consacrer le délire.

  751. 751

    Vauzelme un jour rêvant que sans la Faculté,

  752. 752

    La Nature, à neuf mois, n'a pas la faculté

  753. 753

    D'expulser un enfant par un étroit passage,

  754. 754

    Aux suppôts de Levret donne un conseil peu sage ;

  755. 755

    Il voudrait.... J'en frémis.... Qu'un habile accoucheur,

  756. 756

    Disons mieux, du beau sexe, un barbare écorcheur,

  757. 757

    Le *forceps* à la main, provoquant la Nature,

  758. 758

    Mit, de sept à huit mois, la femme à la torture ;

  759. 759

    Et pour sauver la mère, au travers du bassin,

  760. 760

    Extirpât, avant terme, un enfant hors du sein.

  761. 761

    Je ne combattrai point cette étrange méthode,

  762. 762

    Qui, grâce à moi, jamais ne deviendra de mode ;

  763. 763

    Mais l'auteur étayé de ses doctes raisons,

  764. 764

    Méritait une place aux *Petites-Maisons*.

  765. 765

    Apollon, croirais-tu qu'une secte savante,

  766. 766

    Dans l'art d'ouvrir le flanc d'une femme vivante,

  767. 767

    Art qu'on appelle ici *Césarienniser*,

  768. 768

    De ta propre conduite ose s'autoriser ?

  769. 769

    Eh, quoi ! des éventreurs tu serais le modèle ?

  770. 770

    O blasphême ! Apollon, du sein d'une infidèle

  771. 771

    Retira, je l'avoue, Esculape son fils

  772. 772

    Qui respira soudain : mais déjà Coronis,

  773. 773

    Au rival d'Apollon, au jeune Ischis ravie,

  774. 774

    Sous les traits de Diane avait perdu la vie.

  775. 775

    Imitez Apollon et n'assassinez pas,

  776. 776

    Pour ouvrir une femme, attendez son trépas.

  777. 777

    Esculape, heureux fruit de l'Utérotomie,

  778. 778

    Dieu de la Médecine et de l'Anatomie,

  779. 779

    Du centaure Chiron élève précieux,

  780. 780

    Daigne verser tes dons sur moi du haut des Cieux.

  781. 781

    Muse, effroi du méchant, sur la scène tragique,

  782. 782

    Prête-moi ton cothurne et ta voix énergique,

  783. 783

    Contre Typhon, ce monstre horreur de l'Univers,

  784. 784

    Fils de Rhée, échappé de ses flancs entr'ouverts,

  785. 785

    Typhon, dont la naissance, horrible phénomène,

  786. 786

    Présagea l'attentat d'une secte inhumaine,

  787. 787

    Qui, de l'art de Lucine et la honte et l'effroi,

  788. 788

    Eventra le beau sexe, à l'exemple d'un Roi.

  789. 789

    Enceinte de neuf mois, la mère des Dieux, Rhée,

  790. 790

    De la terre et des cieux à la fois révérée,

  791. 791

    Avec impatience attendait le moment,

  792. 792

    Terme heureux de ses maux et de l'enfantement,

  793. 793

    Quand soudain de son flanc, un monstre.... le dirai-je ?

  794. 794

    Avant de voir le jour, coupable et sacrilége,

  795. 795

    Un monstre auteur du mal, de fureur transporté,

  796. 796

    S'élance en déchirant les flancs qui l'ont porté ;

  797. 797

    Exécrable rebut de la Nature entière,

  798. 798

    Du soleil qui le voit il trouble la lumière.

  799. 799

    L'Égypte en pleurs, gardant un silence profond,

  800. 800

    Tous les ans craint le jour qui vit naître Typhon,

  801. 801

    L'ennemi d'Osiris, dont la clarté féconde,

  802. 802

    Débrouilla le cahos, organisa le monde ;

  803. 803

    Osiris, dont Typhon éteignant le flambeau,

  804. 804

    Replongea l'Univers dans la nuit du tombeau.

  805. 805

    Après la délivrance il faut que l'accouchée,

  806. 806

    En un plan incliné sur le dos soit couchée ;

  807. 807

    Respectez son état, et par de vains propos,

  808. 808

    Gardez-vous de troubler son paisible repos.

  809. 809

    D'un funeste accident la nouvelle imprévue,

  810. 810

    Un objet qui soudain frappe à regret sa vue,

  811. 811

    Sur ses sens agités font une impression,

  812. 812

    Qui du sang et du lait trouble l'excretion,

  813. 813

    La supprime, et dès lors, l'art au sein des orages,

  814. 814

    Ne peut d'un mal rapide arrêter les ravages.

  815. 815

    L'appartement doit être et vaste et bien aëré,

  816. 816

    Mais par un demi-jour avec art éclairé ;

  817. 817

    Qu'il soit propre et sur-tout défendez qu'on l'arrose.

  818. 818

    Proscrivez toute odeur. Le parfum d'une rose,

  819. 819

    Par un coup électrique affectant l'odorat,

  820. 820

    Peut saisir l'accouchée et nuire à son état.

  821. 821

    Le chiendent, le tilleul, le thé, la camomille,

  822. 822

    L'eau miellée est pour elle une boisson utile ;

  823. 823

    La canne et le persil, de nos jours tant prescrits,

  824. 824

    Sont les seules boissons qu'à bon droit je proscrits.

  825. 825

    Les feuilles de bourrache, un seul grain d'émétique,

  826. 826

    Vous offrent au besoin un diaphorétique.

  827. 827

    Si la mère nourrit, par un régime sain,

  828. 828

    Réparez sans délai les pertes de son sein.

  829. 829

    Le potage, un œuf frais, la chair blanche et rôtie,

  830. 830

    Telle est la nourriture à la couche assortie.

  831. 831

    Si les vices du lait ou son tempérament

  832. 832

    Ne lui permettent point d'allaiter son enfant,

  833. 833

    J'interdis sans pitié tout aliment solide ;

  834. 834

    La tisane , un bouillon , ou tout autre liquide ,

  835. 835

    Ragoûts fastidieux , trop insipides mets ,

  836. 836

    Sont les seuls néanmoins , qu'à bon droit je permets.

  837. 837

    Tels étaient les conseils , qu'au printemps de mon âge ,

  838. 838

    Me donnait un vieillard instruit , prudent et sage ,

  839. 839

    Serres , mon premier guide et mon instituteur ,

  840. 840

    Aux murs de Montpellier , mon ami , mon tuteur ,

  841. 841

    Quand le sort m'arracha du sein de ma patrie.

  842. 842

    Ma patrie ! à ce nom mon ame est attendrie.

  843. 843

    Carcassonne , agréable et salubre séjour ,

  844. 844

    Les mortels vertueux qui m'ont donné le jour ,

  845. 845

    Habitent votre enceinte. O ma mère ! ô mon père !

  846. 846

    Puissiez-vous , loin d'un fils , jouir d'un sort prospère !

  847. 847

    Encore un an , j'irai , des soins de mes deux sœurs ,

  848. 848

    Pour deux objets divers partager les douceurs.

  849. 849

    Encore un an , j'irai , loin des yeux de l'Envie ,

  850. 850

    Sous le toit paternel , couler en paix ma vie ,

  851. 851

    Et pour vous seuls d'Hygie , implorant le secours ,

  852. 852

    De vos jours précieux prolonger l'heureux cours.

  853. 853

    Iapis , d'Apollon le disciple fidèle ,

  854. 854

    Dans le choix d'un état fut mon digne modèle.

  855. 855

    Apollon , à son gré , lui permit de choisir ,

  856. 856

    Ou de l'art de chanter , ou de l'art de guérir.

  857. 857

    Iapis , fils pieux , préféra , jeune encore ,

  858. 858

    Aux chants de l'Hélicon , l'art savant d'Épidaure ;

  859. 859

    Et , pour sauver son père , il brûla de savoir

  860. 860

    Les noms des végétaux , leurs vertus , leur pouvoir.

  861. 861

    Comme lui j'ai choisi l'art de la Médecine.

  862. 862

    Je fis plus , je créai l'art heureux de Lucine ,

  863. 863

    Pour soulager les maux de deux êtres chéris ,

  864. 864

    Qui par deux arts divers devaient être guéris.

  865. 865

    De l'amour filial le noble et saint délire ,

  866. 866

    Dieu des vers , sous mes doigts , fit raisonner ta lyre ;

  867. 867

    Mais à cet art divin , au gré de tes désirs ,

  868. 868

    Ma Muse a seulement consacré ses loisirs.

  869. 869

    Ah ciel ! quel coup de foudre et que viens-je d'apprendre ?

  870. 870

    A ce double revers aurais-je dû m'attendre ?

  871. 871

    Enfans infortunés , tel est l'arrêt du sort.

  872. 872

    Des auteurs de nos jours contraints de voir la mort

  873. 873

    La Nature , au tombeau , nous défend de les suivre ,

  874. 874

    Et pour comble de maux , nous force à leur survivre.

  875. 875

    Les auteurs de nos jours.... O regrets superflus !

  876. 876

    Nos deux meilleurs amis , ô mes sœurs , ne sont plus ,

  877. 877

    Et ma main n'a pas clos leur mourante paupière !

  878. 878

    Et je n'ai pas ouï leur volonté dernière !

  879. 879

    Et je n'ai point reçu leur bénédiction !

  880. 880

    O douleur , ô remords ! funeste ambition ,

  881. 881

    Qui m'arrachas des bras de la plus tendre mère ;

  882. 882

    De tes charmes trompeurs séduisante chimère ,

  883. 883

    Aujourd'hui , mais trop tard , je sens la vanité.

  884. 884

    Mais non.... c'est pour toi seule , ô sainte humanité !

  885. 885

    Que je vins , jeune encore , aux rives de la Seine ,

  886. 886

    Combattre et terrasser l'Hydre Césarienne ,

  887. 887

    En vingt combats divers , dont je sortis vainqueur.

  888. 888

    Jamais l'ambition ne tourmenta mon cœur ,

  889. 889

    Et sans les vents affreux , les horribles tempêtes ,

  890. 890

    Qui , cinq lustres entiers , ont grondé sur nos têtes ,

  891. 891

    J'en atteste le ciel , manes chers et sacrés ,

  892. 892

    Mes travaux , mes loisirs vous étaient consacrés.

  893. 893

    Ma seule ambition , je n'en aurai plus d'autre ,

  894. 894

    Est de mêler bientôt ma cendre avec la vôtre ,

  895. 895

    Dans l'espoir consolant d'avoir bien mérité

  896. 896

    De revivre avec vous chez la Postérité.

English text

Alignment approximate; line numbers are not a verified source-to-translation map.

MUSE, before sowing in the fields of Lucina,

Deign to permit at least that my hand uproot

The numerous prejudices, the fatal abuses,

With which Routine and art are both imbued.

Thus, before sowing, the skillful farmer

Pulls up both the thick grass and the weak *grament*,

Whose fertile seed exhausts the terrain,

Whose parasitic shadow stifles the good grain.

There are fewer rubies in the fields of Golconda,

In fish, in corals the sea is less fertile,

Than art is in our days fertile in prejudices:

I combat the strongest ones, listen and judge.

Ignoble daughter of Time and of Nonchalance,

Without talents, without wit, but rich in insolence,

Divinity of fools, who tell them every day,

That nothing is well done, save what was always done;

You, whose blindness is such, that your eyelid,

Abhors the light of the torch of Genius.

Routine, at this moment, it is you I am after;

To overthrow your empire is the object of my vows.

Routine, to her sons says and repeats without ceasing,

That one should bleed at four and a half months of pregnancy,

Quite often at three and sometimes at seven.

This vulgar prejudice is fatal, as is known.

But what is not known, what cannot be understood

By the Routinist accoucheur who wishes to learn nothing,

Is that the pregnant woman always has less blood,

Than is needed to nourish the fétus in the flank.

Lobb has shed light on this subject.

The blood of the *Menses*, he says, or the raw material

Of nutrition, retained over nine months,

Weighs less than the child contained in the womb.

This blood therefore cannot alone provide its sustenance;

The mother nourishes it from her own substance.

Bleed her unnecessarily, you exhaust her, and art,

Art alone then causes her to miscarry sooner or later.

Routine says and preaches to her sons incessantly,

That an emetic must always harm a pregnancy;

This fatal prejudice is the greatest of all.

It neglects the cold, it protects the cough.

The cough, whose fits, whose convulsive force

Carry their expulsive shock from top to bottom,

Soon produces miscarriage in the woman.

Whereas she might have vomited for six months with impunity.

Indeed, the stomach, by its expulsive force,

Pushing from bottom to top, respects the womb.

However, the emetic, on any occasion,

Must only be used with precaution.

Often in *labor* it is very necessary,

In order to bring the muscular fiber into play,

To expel the humors through vomiting,

And to restrain the fever, after childbirth.

Routine says and repeats to her sons incessantly:

Fear purgatives, ill-suited for pregnancy.

Purgatives are good if they are mild, laxative,

Dangerous, on the contrary, when they are active.

If at times the stomach weakens, deteriorates,

Give magnesia and manna of Calabria,

Castor oil, rhubarb with whey,

When the too bland manna either repels or displeases.

Such are the purgatives that to every pregnant woman

Art can, depending on the case, administer without fear.

Routine tells its sons that enemas,

Relax at the same time, along with the ligaments,

Supports of the *uterus*, those which serve to attach

The fétus which from then on is shaken and detaches itself.

These beautiful dreams of art, meditated upon with art,

Are, to speak plainly, so many absurdities.

Enemas are healthy, I agree that they should be given

To every pregnant woman. Albinus prescribes them

Against those sons of Aeolus, abhorred at all times,

And importunate inhabitants of an impure abode,

Which with great strokes of the piston must be constantly chased away,

As sworn enemies of the state of pregnancy.

The enemas that art calls emollient,

By reason of the effect of their ingredients,

Maintain the equilibrium of the blood and humors,

Calm the intestines, make the bowels free.

In a word, their use is very advantageous,

At all times, and especially in stormy weather,

Against headaches and severe colics.

Their effects are divine in melancholic women.

Routine tells its sons, unhappy slaves,

That to the pregnant woman a bath is dangerous.

Dangerous! When? Why? The main thing is to understand each other.

Must one, in all cases, fear them and forbid them?

Baths are dangerous, I know it, I believe it,

When instead of being warm, they are given cold

To women whose fiber is stiff and dry and hard.

Baths are dangerous, when their temperature

Is warm, and the woman is very white of skin,

With very soft fiber and a fresh and beautiful complexion.

Therefore do the opposite. Prescribe them without fear,

Cold to the blonde, and hot to every pregnant brunette;

But do not place among medical means,

The footbath, or other local baths.

Often the footbath caused the woman to miscarry,

And was an infamous resource of debauchery.

Routine tells her sons that, according to her wishes,

The pregnant woman can and must eat for two;

That in the choice of dishes, which her mouth craves,

Imagination must serve as her guide.

What a fatal prejudice and what absurdity!

Of an unhealthy food, the weight, the rawness,

Overload the stomach which, during pregnancy,

Losing its resilience, is constantly impaired.

Never disdain the advice of Doctors,

On the important choice of light and healthy dishes.

It is especially in this that amiable Lucina,

Recognizes Apollo's divine science.

Routine, to her sons, less adroit than inhuman,

Has impudently said: All the art lies in your hands;

Hercules is its God; work. They work

The women in labor. They do more; they tear with tongs.

But the authors of these outrages are known.

Do not, on the faith of these intruding liars,

Accuse Nature of error or caprice,

And condemn the structure of a narrow pelvis;

The greatest obstacle does not come from the pelvis at all,

But rather from the present inertia of the womb,

Let a light cordial restore to the uterus,

Its entire energy and its expulsive force.

Never irritate it by your touches,

This is the art of always having successful deliveries.

Apostles of Rousset, witnesses to my victory,

You know the history of Anne Picamelot,

And are you still of such bad faith,

As to dare cowardly to league yourselves against me?

Anne Picamelot, weak and defenseless,

In the midst of the ardor and games of childhood,

Inadvertently, while running, slipped from the top of a wall,

And displaced the *femur* from its cavity.

This misfortune, occurring from the tenderest age,

Was harmful to the pelvis, prevented it from expanding,

And in the changes undergone by its four bones,

The *sacrum*, by degrees, approached the *pubis*.

Five lustra however made up her young age,

When love submitted her to the yoke of marriage.

Two unfortunate children, mutilated within her womb,

Were extracted, at term, through the pelvis;

The third at seven months.... I dare not in my memory

Retrace the details of this horrible history;

The third at seven months, thanks to abortion,

Was extracted dead, whole, but not with impunity,

By a barbarous and depopulating hand.

The infernal stylet, plunged into the womb,

Ruptured the *chorion* and the *amnios*. The fruit

Of conception was instantly destroyed.

But the womb in vain does not release its prey,

Precursor to *labor*, the storm unfolds,

Blood flows in great streams from her womb lacking resilience;

The inertia is complete, they tremble for her fate.

Routine offers in vain the resource of the tampon;

The retained clots reopen the source of the blood.

Le Roux's tampon, prohibited in our days,

Fortunately was well soaked in vinegar.

The tampon was suffocating her, but the acidic liquor,

Hastens a happy crisis and soon resolves it.

Partisans of the tampon, without growing angry,

Deign to open your eyes to the error of Le Roux.

At last, Picamelot, thanks to art..., but what am I saying?

Nature, and not art, worked this prodigy.

Blind art, with great strides, was guiding her to the tomb;

Nature animated the torch of her days.

Pregnant with her fourth child, she calls me.

Accoucheurs, answer, it is you whom I challenge;

Lacroix, Boyé, Laborde, dare to contradict me!

But I do not fear you at all, I know not how to lie.

Say if it is not true that, before the eyes of her family,

Anne Picamelot gave birth to a daughter

Whose feet I grasped with rotation,

Without *forceps*, without hooks, without mutilation.

Say if it is not true that this enormous child,

Took in every respect the shape of a vitiated pelvis?

It was dead, no doubt. Happy in such a case,

To rescue a mother from the scythe of death.

A thousand other followers of the contrary system,

Wish to save the child, by sacrificing the mother,

And their arms are armed with frightful irons;

As if, to gather a fruit that is always doubtful,

It were necessary to cut down the tree at the root?.... Ah! barbarians,

Consult Nature, and be less ignorant.

When her liberal hand, to the trees of the orchards,

Lavishes buds, she knows the dangers

That will assail them. She knows that life,

From some newly emerged fruits, will soon be snatched away,

That not all will reach their maturity.

Ah! what farmer, in his temerity,

Accuses Nature, and, foolishly miserly,

Delivers a fruitful tree to the barbarous axe?

When mother and child are threatened with death,

To always save the mother is, in our eyes, enough.

This disaster is, moreover, less frequent than one thinks;

Experience here dispenses me from proofs.

Routine tells her sons that one must promptly

Extract the afterbirth following childbirth.

Beware of listening to this fatal prejudice.

Let the afterbirth remain in the depths of the *uterus*,

So that its presence might irritate it,

And finally force this organ to expel it.

It is by this sole means that, in delivered women,

The pains that art calls afterpains are appeased.

A successful delivery of the afterbirth is a crucial point,

Which Routine here often renders very fatal.

Leave, says Routine, to the author of a big book,

Leave it to Nature to expel the afterbirth.

Yes, but if the womb is without any action,

One must extract the *placenta*,

And in your procedures imitate my conduct.

Let a hand introduced into the depths of the *uterus*,

With precaution, using three fingers,

Vermicularly detach its walls

From the *placenta*, which must be grasped, twisted into a spiral,

And pulled through the vaginal route,

Aided by the cord, the guide to the path,

Which one takes care to attach to the fingers of the other hand.

Such is the delivery of the afterbirth after a successful confinement.

But when, before her time, the pregnant woman gives birth,

One must abandon to Nature the care

Of expelling the afterbirth, giving, if need be,

Not a sternutatory, or some emmenagogue,

Not the juice of Savin, a dreadful drug,

But a mild cordial that one takes care to prepare

With Mint, Melissa, orange blossom water.

Muse, that is enough, let us avoid repetitions.

Routine still dares to believe in Hermaphrodites,

In the monsters of Bauhin, worthy of the year five hundred.

These deceitful dreams offend good sense too much,

To refute the case of the Préville woman,

Reported by Giraud, her docile slave.

Monsters!... Morally, there are some in our days:

They were seen in all times, they will always be seen.

The dark Caesareans, in their inhuman rage,

Are monsters hidden beneath the human form;

Children of prejudices, slaves to error,

Women by genius, men by fury.

The sect of Rousset, an impious and accursed race,

The shameful part of the art, is alone Hermaphrodite;

But never did Nature, in defiance of her laws,

Make, of a single subject, both man and woman at once.

And yet Fable has said that Hermaphrodite,

A name formed of two words, from Hermes and Aphrodite,

Had Neptune for a father, and Cypris for a mother.

Hermaphrodite, enamored of a Nymph's charms,

Sought, in the depths of the wave, an adored lover;

Devoured by the same fires for him, Salmacis

Pursued her lover into the watery abode:

The Nymph perceiving him one day in the depths of the waters,

Throws herself into his arms, swoons with tenderness.

Immortal Gods! she said, in a transport of rapture,

Venus, Love, Hymen, grant my desire,

May our bodies be united in the arms of pleasure.

This metamorphosis is, it is said, the origin

Of the Hermaphrodite monster, or the Androgynous being;

But no, from the Clitoris, more or less prolonged,

Was born the common error in which even art is plunged.

In our days Routine, and her sister Imposture,

Have wished to reforge facts against Nature;

Ventral pregnancy, an absurd and old Romance,

Was here by Dubois reproduced for a moment.

Dubois, to misfortune, to Beauty propitious,

Master Dubois, in year five, received in his hospice

A subject whose history is here in a few words.

Of labor, says the author, Cetty felt the pangs,

When suddenly in the midst of the most terrible storm,

The child, a new Typhon, in a fit of rage,

Ruptures the uterus, leaps out, and this infernal monster,

Chooses for its abode the intestinal sac.

Over it the rent of the uterus closes.

Thus, for three years, of an infant dead at term,

The corpse is lying at the bottom of the abdomen,

On the faith of the storyteller, the School has said Amen....

To me all is suspect; every fact is equivocal,

On the part of a pupil, an agent of Baudelocque.

Besides, born, I am told, on the banks of the Lot,

He has a Gascon temperament, and feigning is his true lot.

But art has recently convinced itself,

That love alone wove this shameful stratagem.

It is true that since then Cetty passes through the anus,

If one is to believe Dubois, the remains of a fétus.

In whom then henceforth must one trust?

If, in these days of glory and philosophy,

The great masters of the art deceive the young,

And are the perfidious agents of prejudices:

Routine tells her sons that newly delivered women,

Must remain in bed for at least nine days;

Take only a few rich broths for all their food,

Stagnate an entire month between two dirty sheets,

Under the vain pretext that a sheet white from the wash,

Might cause them an excessive loss;

Gorge themselves on drinks, on cane, on parsley,

On borage leaves, or on Brazilian tea;

Hermetically seal door, alcove, and window,

For fear that free air might penetrate to the bed;

Induce sweats, at the risk of suffocating;

Such are the prejudices over which I wish to triumph.

But what can I do without you, God of Medicine?

Here all disregard the cult of Lucina.

They accuse of bitterness and severity

The friend of Nature and of Truth.

Yet in Paris, for thirty years I have delivered,

Never in thirty years have *labor* and the lying-in,

Cost husbands, or lovers, any regrets.

Do I have a talisman? No, I have told all my secrets.

I believe in Nature, in her supreme power;

Sacred interpreter of her very will,

I observe, I know, I follow her processes;

I wield as a master the rights granted to Doctors,

But I hate Routine; intractable to her yoke,

I disdain the laws of the imbecile vulgar.

A fatal prejudice, respected in our days,

Says that during the lying-in one must always sweat.

This capital error, so deadly to women,

Has caused more evils than war and the plague.

Never confuse perspiration,

The useful evaporation of our humors,

Which, necessary to the body, but natural and free,

Ceaselessly restores and maintains equilibrium within it,

With that fluid which, from the pores of the body,

Streams, and uselessly weakens its vital forces.

I say more, sweat, dear to the eyes of the common people,

Is the ordinary cause of childbed fevers.

The fatal excesses of sweat have always

Produced the attacks of miliary fever.

Prejudices, those laws of the stupid common people,

Who are guided by chance and hardly reflect;

Prejudices here, tyrants of newborns,

Shorten, in the cradle, their unfortunate days,

Or, fruitlessly prolonging their painful childhood,

Make them pay very dearly for a frail existence.

Routine teaches her sons the inhuman art

Of kneading children's heads with their hands.

This custom, it is said, consecrated in China,

Is indeed worthy of that mechanical people.

But among a people educated and sensitive to an extreme,

A philosophical people, in a word, the French,

Whose genius astonished Europe admires,

This cruel prejudice, this dreadful mania,

This stupid procedure, proscribed with horror,

Is prescribed in Paris by blind Routine.

The shape of every human skull is different;

And Routine wishes, with her ignorant hand,

To knead the bony box, at the expense of the brain.

What must result from this new method?

Either that the child suffers the most rapid death,

Or that, more unfortunate, he lives, alas! stupid.

Followers of Rousset, forgive my error;

Stained with maternal blood, you filled me with horror;

I thought that, mirror of your atrocious souls,

Your eye fed upon ferocious spectacles,

And I overwhelmed you with my enmity.

But hatred in my heart gives way to pity.

This barbarous prejudice, indeed, excuses you;

I know that with reason the Universe accuses you

Of ignorance, of pride, and of cupidity;

But this thirst for gold, this stupidity,

Are acquired vices. They have molded your heads,

And from birth art made of you nothing but beasts,

Whose unfortunate instinct is ferocity.

The infant's skull has elasticity,

Flexibility, and softness as its portion;

It must therefore result from this triple advantage,

That the head, in passing through the pelvis,

Momentarily takes the shape, the outline

That it had upon leaving the hands of Nature;

But it is brought back to its own structure,

By the effort of the brain, which in order to restore itself,

Pushes apart the walls that could weaken it.

Routine, to her sons, whom an old habit

Excuses from knowledge, from practice, and from study,

Routine teaches her sons that to newborns,

Whether or not they are destined to live,

One must tie, cut, before the delivery of the placenta,

The protective cord of their fragile existence.

What a fatal prejudice and what blindness!

In nine months of pregnancy, and during childbirth,

The lung of the fetus, collapsed upon itself,

Is passive, without resilience, in extreme constraint.

The action of this organ, or respiration,

Takes place, in infants, only after expulsion

Out of the maternal womb. It is in this beautiful domain,

That the human plant vegetates in secret, that it grows,

Until the propitious moment when maternity

Detaches its fruit for posterity.

Until then the existence of the fetus is shared

With the mother plant. In short, their life is one;

But at the physical moment, when seized, displaced,

The child, by Nature, is driven out of the womb;

He begins to spin the thread of his life,

Which would soon be followed by dreadful accidents,

If ignorant Routine, or audacious art,

Were to tie, to cut the precious cord too soon.

But the instructed, experienced, wise accoucheur,

Waits, to cut it, until, opening a passage

From the mouth to the lung, the air circulates easily,

And the newborn breathes freely.

As for the ligature, after the delivery,

Make it to please blind ignorance.

André, my good André, used to blanch the cord.

This wise practice had, he said, the gift

Of preserving from the disease that the vaccine destroyed;

I have nicknamed Levret, Blancher of Lucina.

Routine tells her sons, without aim, without design,

That one must deprive the newborn of the breast for three days.

An accoucheur scarcely forgives Ignorance

For the futile reasons that Routine gives for it.

The milk, says Routine, drawn to both breasts,

On the first day, is not sufficiently elaborated,

To be able to serve as nourishment for the child;

What an absurd remark. The wish of Nature

Is, that the colostrum, a laxative whey,

In the newborn child should be the gentle purgative

Of the black Méconium. Now then, the more one delays,

And the more each vessel that is called lactiferous,

Swells, distends the breast, makes each tip retract,

So that the infant cannot manage

To grasp with its tongue and suck with its mouth,

The holes of the nipple, which too thick a milk blocks.

Hence all the misfortunes born of breastfeeding,

And which make even childbirth abhorred.

But what! do we see the females of animals

Have hardnesses, engorgements in their udders?

No, without a doubt. Ah! why? It is because animals,

Exempt from prejudices, the source of all our ills,

Fortunate inhabitants of the woods and countryside,

Closer to Nature, love their mates too much,

To borrow from art its homicidal aid.

Did a male ever have recourse to his fellow,

To thus torment his female in labor?

Scarcely has she given birth in the neighboring forest,

When her numerous little ones, stretched out on their backs,

By instinct, by need, suspended from her teats,

Gorge themselves eagerly on the milk of their nurse,

Who nurses them as a mother, and never by caprice.

Routinists, profit from a useful lesson,

To its mother, at birth, give the nursling.

Proud Routine, by dint of ignorance,

Wishing to give herself the appearance of vain knowledge,

Adopts means that she does not understand,

And the abuse she makes of them makes death more certain.

Art says, with reason; the cold bath fortifies.

Ignorant Routine trusts in the letter,

And by her, to the cold bath, newborn infants,

Have pitilessly been condemned.

All have experienced the sad trial of the danger of the bath,

Fourcroy can furnish the proof of this fact;

This Fourcroy, who is not the Councillor of State

For life, committed this assault upon his sons.

I know, if one is to believe both history and fable,

I know that Destiny's irrevocable decree

Had foretold that Achilles, born of mortal blood,

Would flatter himself in vain to be one day immortal.

His mother had knowledge of this fatal decree;

The Goddess shuddered at it. It is said that at his birth,

To save this dear son, destined to die,

Thetis plunged the newborn into the water of the Styx.

The fortunate immersion in the fearsome wave

Rendered the body of Achilles invulnerable to arrows,

Save for the left heel, which the wife of Peleus

Held in her hand while plunging him into the bath.

In these false events that the fable recounts,

The eye of the natural philosopher does not read an empty tale.

But beneath a fortunate veil he sees the Truth,

Which my Muse has transmitted to posterity.

Ah! indeed, if the bath in the icy wave

Of the Styx, rolling its waters beneath the infernal vault,

Could not save the days of a scion of the Gods,

How much more must the cold bath be odious,

And fatal to mortals, whose progeny

Is so feeble, upon leaving the hands of Nature.

Do you wish to temper the human body in the cold bath,

Bathe the newborns with a sponge in hand,

First with cold water mixed in a tepid bath,

And your children, like the son of Peleus,

By degrees hardening their bodies to the cold bath,

Will become every day more robust, and stronger.

I know well that iron, emerging from the bosom of the flames,

Forms the hard blades of the hardest steel,

If, reddened in the forge, it is tempered in a bath,

Or plunged suddenly into icy water.

But far from being iron, your children are clay:

Like it, the structure of their bodies is fragile;

Therefore, do not plunge them into cold water at birth,

Or fear for them the most sudden death.

Women, admire the wisdom of Nature;

It is not enough for her to pour her gifts upon you with largesse;

To your slightest needs she attaches a pleasure,

And forestalls your aversions with a new desire.

Thus this sacred fire, this celestial flame,

Under the sweet name of love is a need of the soul,

And this fire in your hearts, stoked by her hands,

The source of your pleasures, reproduces humanity.

Why then outrage her by constantly accusing her

Of often being the author of the woes of pregnancy?

Women, you will not have a single ailment,

You will no longer curse your fecundity,

If, scorning the eloquent imposture of art,

You deign to listen to the voice of Nature.

Let another, swelling the list of your woes,

Force you to envy the lot of animals,

By granting them an unworthy advantage over you;

More frankly, I will tell you, your woes are your own work;

But without tormenting yourselves over misfortunes to come,

Docilely learn the art of preventing them.

First, beware of atmospheric air.

This fluid, light, invisible, elastic,

Can, according to the proportion of its properties,

Have different qualities in different places.

An air too condensed by the excess of cold,

Hinders the flow of blood, makes the fiber harder,

Too hot an air relaxes it, and lacking resilience,

Every fluid acts upon it with effort.

A damp and cold air is doubly harmful,

By suppressing the body's insensible vapor.

A damp and hot air is an enormous weight,

Under which we lose both strength and voice.

Fetid air is fatal to every pregnant woman.

The mephitic odor of an extinguished candle,

Say Pliny and Liébaut, has alone and promptly,

By its fatal effect, caused abortion.

A pure and serene air, without deleterious vice,

Is the most salutary to the state of pregnancy.

The choice of food is no less important

To one who wishes to bring forth a healthy child;

In the dishes destined for your nourishment,

Women, consult taste less than Nature.

Pâtés, stews, salt meat, horseradish, turnips, radishes,

Dishes too heavy, or too raw must be forbidden.

Vegetables, eggs, white and light meat,

Are healthy foods that the stomach digests.

Water, beer and wine poured by reason,

Are, during pregnancy, a useful beverage.

Do you wish to be less tormented by pains?

Make use of coffee, of fermented liquors.

However, if habit has made them a true need,

At least avoid their excess with great care.

By too long a rest the fiber relaxes;

The solids then in their too loose tissue,

Giving a free access to various humors,

Harbor at once, varix, edema, abscess;

But exercise on foot, by tightening the solids

Maintains the fluids in a just equilibrium.

The pregnant woman must know how appropriately

To alternate exercise and rest in turn;

Intrepid to dangers, to dread the sudden swerves

And the rapid pace of the gentlest horse;

Even in a stately carriage, driven at slow paces,

To fear the gentle bounding of the most supple springs.

Just as a light shock breaks a clay vase,

So is a child fragile in its mother's womb.

Good, good, fear nothing, leave, you will be told,

These panic terrors to women of high society,

Who, without the formal advice of the minions of Lucina,

And of Surgery and of Medicine,

For fear of injuring themselves, dare no longer take a step,

Nor blow their nose, nor spit, nor take a single meal,

And who, dizzied night and day by their Doctors,

Have classed pregnancy in the rank of diseases.

Jeanne, you will be told, pregnant with Henri,

Father and King of the French, so cherished by the French,

Jeanne d'Albret pregnant, went, although a Princess,

In a very rapid carriage, at eight months of pregnancy,

From Compiègne to Pau, humble abode of Kings,

Before, upon her carriage, the brilliant star of day,

Purer, more radiant, emerging from the bosom of the wave,

Had twenty times driven the deep night before it.

The Queen of Poland, nine months pregnant,

Followed Sobieski into the camps, into the woods.

In its bloody annals, if the hand of history

Consecrated the memory of these marvelous deeds,

It is among the abuses that needed correcting,

And not as a useful example to propagate.

Art has done so among us, but Poland still,

Has barely seen the dawn of the day that enlightens us.

Women, do not suffer the God of rest,

To shake his poppies over your eyes for too long:

When Phoebus, following in the footsteps of rosy Dawn,

Is reborn, Lucina then does not wish you to slumber;

But she also demands that the night, in its turn,

Come to refresh you from the fatigues of the day.

Fear any disorderly movement of the soul;

The fear that seizes it, the wrath that inflames it,

Envenomed hatred and jealous transport,

Can bring death to the fetus in the womb.

Wives, I owe you salutary advice,

Once you have conceived, do not go to Cythera.

The skiff of Venus, upon amorous waves,

Can often encounter dangerous reefs;

Besides, the island where Smiles and Games dance ceaselessly,

Is a fatal abode for the state of pregnancy.

The blind passion of playful loves,

During the course of the nine months causes miscarriage.

Amiable, enchanting sex, whose naive Graces,

Soothe the hardships of unfortunate man,

Your destiny is to please, and I do not intend

To rob you of the happy art of embellishing your charms.

The agreeable imposture of an elegant costume,

Seems to add value to the gifts of Nature.

Let Fashion and Taste, charming Gods, rival Gods,

Offer new ornaments to your attractions,

And rivals of flowers, fresh, vibrant like them,

Beauties, reappear in our gardens more beautiful still.

Thus each spring, in the empire of flowers,

Sees the rose and the lily marry their colors,

The carnation and the jonquil, ornaments of the earth;

Perfuming a flowerbed with sweet odors.

I will doubtless applaud, and my enchanted eye,

Will see you vie for the prize of Beauty.

But I shudder to see that pregnant women,

Are girt by the triple cords of their skirts,

To the point of losing their breath while walking,

To see that this burden, hindering its action,

Overloads the womb and deprives this organ

Of a development necessary for the fétus.

I would wish that a pregnant woman had, at all times,

Light clothing floating around the body,

Such as the Levites wore among the Hebrews,

Or such as, under this name, you saw them in Paris.

I have stated my feeling, happy if my advice,

In agreement with your tastes, could be followed.

However, in our days, in the very heart of the cities,

My art offers Nature useful cares,

Which well administered would never be in vain,

If they were not entrusted to ignorant hands.

Finally, the nine months of pregnancy have elapsed,

And the child, tormented by the body that presses it,

Struggles in vain, thrashes about, seeks to emerge from the womb.

Raised by the waters at the strait of the pelvis,

After long efforts, its heavier head,

Slips, falls, and soon the occiput presents itself.

Of the progress of *labor*, observe well the course;

The finger without Genius is of feeble help.

Without it the art of *touch* is an unfaithful guide,

But happy Genius, often with a single stroke of the wing,

Can cross in its flight the limits of art,

When Routine crawls and drags itself at random.

Thus, to feed itself, the timid swallow,

Skims the damp plain of the peaceful ocean,

While the proud eagle, in audacious flight,

Comes to fix upon the sun beneath the vault of heaven.

Observe the face of a woman in *labor*,

Her complexion, the tone of her voice, her distress, her language,

And even her silence and her plaintive gaze;

Nothing must escape your attentive eye.

Spectator of the combat waged by Nature,

In your mind, closely follow the structure of the pelvis,

And without wasting fleeting moments in efforts,

Recall to yourself the constant principles of the art.

I know, you will say to yourself, I know that the womb

Must act upon the child by its expulsive force.

That, like the screw which turns as it advances,

The child turns within the pelvis as it passes through.

That, reduced to the shape of an egg by the womb,

Either its head or its feet present themselves at the orifice.

That the perfect relation of the child to the straits,

Never makes pelvises too narrow for it.

That the greatest expanse of the child's head,

Always clears a free exit for the shoulders.

When extracting the child at full term,

One waits for the pain for each traction.

Beware of effecting the rupture of the membranes,

Leave this care most often to Nature.

Routine has prescribed, but Reason forbids

Tying the vessels of the cord to the child.

*Labor* is always the work of Nature,

One disturbs her, by putting the woman to torture.

Respect the *labor*, but, with a curious eye,

Observe what agent makes it laborious.

In convulsions, or uterine hemorrhage,

The *labor* must terminate immediately.

In the case of inertia, after childbirth,

Art must act very promptly against the hemorrhage.

Beware of art, leave to ignorance,

Both its prophetic tone, and its air of assurance;

Fatal precursors of *forceps*, of hooks,

Consider that Ignorance and Audacity are sisters;

Unnatural children, born of the same father,

Of pride, which caused the misfortunes of the earth.

Merit is always exempt from vanity,

Modest, with courage, it serves Humanity.

Assist, but follow Nature step by step,

That is the great secret, the rest is imposture.

But in wishing sometimes to hasten childbirth,

Never orchestrate the horrible abortion.

Forgive, God of verse, if I dare, upon my lyre,

To consecrate this day the delirium of Vauzelme.

Vauzelme one day dreaming that without the Faculty,

Nature, at nine months, lacks the faculty

To expel a child through a narrow passage,

Gives the henchmen of Levret an unwise counsel;

He would wish.... I shudder at it.... That a skillful accoucheur,

Let us say rather, of the fair sex, a barbarous flayer,

*Forceps* in hand, provoking Nature,

Should put, from seven to eight months, the woman to the torture;

And to save the mother, through the pelvis,

Should extirpate, before term, a child from the womb.

I shall not combat this strange method,

Which, thanks to me, will never become the fashion;

But the author, propped up by his learned reasons,

Deserved a place in the *Petites-Maisons*.

Apollo, would you believe that a learned sect,

In the art of opening the flank of a living woman,

An art that is called here *Césarienniser*,

Dares to justify itself by your own conduct?

What! would you be the model of disembowelers?

O blasphemy! Apollo, from the womb of an unfaithful woman

Drew forth, I admit, Esculapius his son

Who suddenly breathed: but already Coronis,

Snatched from Apollo's rival, the young Ischis,

Beneath the arrows of Diana had lost her life.

Imitate Apollo and do not assassinate,

To open a woman, wait for her death.

Esculapius, happy fruit of Uterotomy,

God of Medicine and of Anatomy,

Precious pupil of the centaur Chiron,

Deign to pour your gifts upon me from high in the Heavens.

Muse, terror of the wicked, upon the tragic stage,

Lend me your buskin and your energetic voice,

Against Typhon, that monster, horror of the Universe,

Son of Rhea, escaped from her half-opened flanks,

Typhon, whose birth, a horrible phenomenon,

Foreshadowed the outrage of an inhuman sect,

Which, both the shame and the terror of Lucina's art,

Disemboweled the fair sex, following the example of a King.

Pregnant for nine months, the mother of the Gods, Rhea,

Revered at once by earth and heavens,

Awaited with impatience the moment,

Happy end of her woes and of childbirth,

When suddenly from her flank, a monster.... shall I say it?

Before seeing the day, guilty and sacrilegious,

A monster, author of evil, transported by fury,

Leaps forth, tearing the flanks that bore him;

Execrable outcast of all Nature,

He disturbs the light of the sun that sees him.

Egypt in tears, keeping a profound silence,

Every year fears the day that saw Typhon born,

Distrust art, leave to ignorance,

Both its prophetic tone, and its air of assurance;

Of *forceps*, of hooks, fatal precursors,

Consider that Ignorance and Audacity are sisters;

Unnatural children, born of the same father,

Of pride, which caused the misfortunes of the earth.

Merit is always exempt from vanity,

Modest, with courage, it serves Humanity.

Assist, but follow Nature step by step,

That is the great secret, the rest is imposture.

But in wanting sometimes to hasten childbirth,

Never organize horrible abortion.

Forgive, God of verses, if I dare, on my lyre,

To consecrate the delirium of Vauzelme this day.

Vauzelme one day dreaming that without the Faculty,

Nature, at nine months, does not have the faculty

To expel a child through a narrow passage,

Gives to the henchmen of Levret unwise advice;

He would wish.... I shudder at it.... That a skillful accoucheur,

Let us say better, a barbarous flayer of the fair sex,

*Forceps* in hand, provoking Nature,

Should put, at seven to eight months, the woman to the torture;

And to save the mother, through the pelvis,

Should extirpate, before term, a child from the womb.

I will not combat this strange method,

Which, thanks to me, will never become fashionable;

But the author supported by his learned reasons,

Deserved a place in the *Petites-Maisons*.

Apollo, would you believe that a learned sect,

In the art of opening the flank of a living woman,

An art that is called here to *Césarienniser*,

Dares to claim authority from your own conduct?

What! you would be the model for disembowelers?

O blasphemy! Apollo, from the womb of an unfaithful woman,

Withdrew, I admit, his son Esculapius

Who suddenly drew breath: but already Coronis,

Snatched from Apollo's rival, the young Ischys,

Beneath the arrows of Diana had lost her life.

Imitate Apollo and do not murder,

To open a woman, await her death.

Esculapius, happy fruit of Uterotomy,

God of Medicine and Anatomy,

Precious pupil of the centaur Chiron,

Deign to pour your gifts upon me from high in the Heavens.

Muse, terror of the wicked, upon the tragic stage,

Lend me your buskin and your energetic voice,

Against Typhon, this monster, horror of the Universe,

Son of Rhea, escaped from her parted flanks,

Typhon, whose birth, a horrible phenomenon,

Presaged the assault of an inhuman sect,

Which, both the shame and the terror of the art of Lucina,

Disemboweled the fair sex, following the example of a King.

Pregnant for nine months, the mother of the Gods, Rhea,

Revered at once by the earth and the heavens,

Waited with impatience for the moment,

The happy end of her ills and of childbirth,

When suddenly from her flank, a monster.... shall I say it?

Before seeing the light of day, guilty and sacrilegious,

A monster, author of evil, transported by fury,

Leaps forth, tearing the flanks that bore him;

Execrable outcast of all Nature,

He troubles the light of the sun that beholds him.

Egypt in tears, keeping a profound silence,

Every year fears the day that saw Typhon born,

The enemy of Osiris, whose fecund light

Disentangled chaos, organized the world;

Osiris, whose torch Typhon extinguishing,

Plunged the Universe back into the night of the tomb.

After the delivery the new mother must

Be laid on her back upon an inclined plane;

Respect her condition, and by idle chatter,

Take care not to disturb her peaceful rest.

The unforeseen news of a fatal accident,

An object that suddenly strikes her sight with regret,

Make upon her agitated senses an impression,

Which disturbs the excretion of blood and milk,

Suppresses it, and from then on, art in the midst of storms,

Cannot stop the ravages of a rapid illness.

The apartment must be both vast and well-aired,

But lit with art by a half-light;

Let it be clean and above all forbid that it be sprinkled.

Proscribe all odors. The perfume of a rose,

By an electric shock affecting the sense of smell,

Can seize the new mother and harm her condition.

Couch grass, linden, tea, chamomile,

Honeyed water is a useful drink for her;

Cane and parsley, so much prescribed in our days,

Are the only drinks that I rightfully proscribe.

Borage leaves, a single grain of emetic,

Offer you in case of need a diaphoretic.

If the mother nurses, by a healthy regimen,

Repair without delay the losses of her breast.

Soup, a fresh egg, white and roasted meat,

Such is the nourishment suited to the childbed.

If the defects of the milk or her temperament

Do not permit her to nurse her child,

I mercilessly forbid all solid food;

Herbal tea, a broth, or any other liquid,

Tedious stews, excessively bland dishes,

Are nevertheless the only ones I rightfully allow.

Such was the advice that, in the spring of my life,

Was given to me by a learned, prudent, and wise old man,

Serres, my first guide and my instructor,

Within the walls of Montpellier, my friend, my guardian,

When fate tore me from the bosom of my homeland.

My homeland! At this name my soul is moved.

Carcassonne, pleasant and wholesome abode,

The virtuous mortals who gave me life,

Dwell within your walls. O my mother! O my father!

May you, far from a son, enjoy a prosperous fate!

One more year, I shall go, of my two sisters' care,

To share the sweetness, for two different objects.

One more year, I shall go, far from the eyes of Envy,

To pass my life in peace beneath the paternal roof,

And imploring the aid of Hygeia for you alone,

To prolong the happy course of your precious days.

Iapis, the faithful disciple of Apollo,

Was my worthy model in the choice of a profession.

Apollo allowed him to choose at his pleasure,

Either the art of singing, or the art of healing.

Iapis, a pious son, preferred, while still young,

The learned art of Epidaurus to the songs of Helicon;

And, to save his father, he burned to know

The names of plants, their virtues, and their power.

Like him I have chosen the art of Medicine.

I did more, I created the happy art of Lucina,

To relieve the ailments of two cherished beings,

Who by two different arts were to be healed.

The noble and holy delirium of filial love,

God of verses, made your lyre resound beneath my fingers;

But to this divine art, according to your desires,

My Muse has devoted only her leisure.

Ah heavens! what a thunderbolt, and what have I just learned?

Should I have expected this double misfortune?

Unfortunate children, such is the decree of fate.

Forced to behold the death of the authors of our days,

Nature forbids us to follow them to the tomb,

And to crown our woes, forces us to outlive them.

The authors of our days.... O superfluous regrets!

Our two best friends, O my sisters, are no more,

And my hand did not close their dying eyelids!

And I did not hear their last will!

And I received not their blessing!

O sorrow, O remorse! fatal ambition,

Which tore me from the arms of the tenderest mother;

Of your deceitful charms, seductive chimera,

Today, but too late, I feel the vanity.

But no.... it is for you alone, O holy humanity!

That I came, still young, to the banks of the Seine,

To fight and to fell the Caesarean Hydra,

In twenty diverse battles, from which I emerged victorious.

Ambition never tormented my heart,

And but for the dreadful winds, the horrible storms,

Which, for five whole lustrums, have rumbled over our heads,

I call heaven to witness, dear and sacred manes,

My labors, my leisure were consecrated to you.

My only ambition, I shall have no other,

Is to mingle my ashes soon with yours,

In the consoling hope of having well deserved

To live again with you among Posterity.